Mali: cap sur la nouvelle Constitution et le leadership de Assimi Goïta
A 97 % les maliens ont approuvé le nouveau projet de constitution soumis par la junte malienne. Création d’un sénat, statut des langues, changement de régime, armée renforcée, reconnaissance des autorités traditionnelle, amnistie …sont les grands principes et importants changements à retenir.

A 97 % les maliens ont approuvé le nouveau projet de constitution soumis par la junte malienne. Création d’un sénat, statut des langues, changement de régime, armée renforcée, reconnaissance des autorités traditionnelle, amnistie …sont les grands principes et importants changements à retenir.
Par Karl DOVONOU
Le colonel Assimi Goïta, président de transition Au Mali, a promulgué le samedi 22 Juillet 2023, la nouvelle Constitution du Mali, qui avait fait l’objet d’une consultation référendaire le 18 Juin 2023 et a été acceptée par les maliens avec un taux à la soviétique. Des innovations pour les proches de la junte, des changements pour les observateurs, des dispositions pour renforcer leurs pouvoirs ont selon l’opposition, été notées dans le nouveau texte fondamental.
‘’On passe d’un régime semi-présidentiel à présidentiel’’, explique Brema Ely Dicko, chercheur à l’université de Bamako. ‘’Le président est élu pour 5 ans au suffrage universel direct, il n’est rééligible qu’une fois’’ a-t-il ajouté. ‘’Le président nomme le premier ministre et les ministres et met fin à leurs fonctions’’. ‘’Le gouvernement est responsable devant le président’’ et non plus devant l’assemblée, comme c’était le cas dans la Constitution datant de 1992. ‘’Il détermine la politique de la nation ‘’, alors que dans le texte de 1992, ce rôle incombait au gouvernement. ‘’ Il peut être destitué par le parlement pour haute trahison’’, dit le texte.
Les autorités maliennes par cette nouvelle constitution ont voulu arracher leur souveraineté linguistique. Ainsi, le texte stipule que ‘’La multitude de langues traditionnelles employées au Mali devient langue officielle’’. Le français langue de l’ancienne puissance est rétrogradé en ‘’langue de travail’’.
Goïta et ses amis en treillis ont qualifié tout coup d’Etat de crime imprescriptible, tout en se protégeant en ces termes, ‘’Tout coup d’Etat est un crime imprescriptible’’, dit le texte, mais selon l’article 188 ‘’. Les faits antérieurs à la promulgation (de la nouvelle Constitution) couvert par des lois d’amnistie ne peuvent en aucun cas faire l’objet de poursuite’’. Le Mali confronté, depuis 2012 à la recrudescence du “djihadisme“ et toutes sortes de violences, ne peut se doter d’un arsenal constitutionnel sans renforcer les capacités de l’armé. ‘’L’Etat veille à ce que les forces armées et de sécurité disposent, en permanence des capacités nécessaires à leurs missions’’ a clairement signifié le texte.
Un sénat est créé, en plus de l’assemblée nationale existante, ainsi qu’une Cour des comptes, chargée de contrôler les finances publiques. Députés et Sénateurs seront obligés de transmettre une déclaration de bien qui sera actualisée chaque année. M. Dicko pense que ‘’Cela peut aider à améliorer la gouvernance’’. Avant de conclure ‘’Mais tout cela dépend de celui qui va arriver au pouvoir et de l’exemple qu’il va donner’’.
Le texte dit, des autorités traditionnelles, qu’elles sont les ‘’ gardiennes des valeurs’’ et une partie des membres du Sénat en sera issue. Nul doute dans la culture africaine qu’elles jouent un rôle éminent dans la société. Elles pourront participer au règlement de certains litiges dans les conditions fixées par la loi.
Le Mali et les militaires viennent, selon certains analystes, écrire une page de leurs histoires. L’influence occidentale accrue et surtout française ont été sérieusement mis à mal, démembrées, depuis l’arrivée aux affaires de cette promotion des militaires formés pour la plupart à l’extérieur, hors du continent africain. Ils ont fait du panafricanisme leur leitmotiv, et selon eux, ils résistent malgré les pressions énormes et les coups bas que l’impérialisme du temps moderne ne cesse de leur faire subir.
Assimi Goïta , quel leadership ?
Monsieur Assimi Goïta (né en 1983) est un militaire et homme d’État malien. Il est Président du Comité National pour le Salut du Peuple depuis le 19 août 2020 et Chef de l’État du Mali du 24 août au 25 septembre 2020. Il est Vice-président de la Transition depuis le 25 septembre 2020, à la suite des événements du 18 aout 2020 ayant conduit à la démission du Président Ibrahim Boubacar KEITA.
Aux termes de l’article 7 de la Charte de la Transition, « le Président de la Transition est secondé par un Vice-président. Il est désigné suivant les mêmes conditions que ce dernier. Le Vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité ».
Origine et formation
Monsieur Assimi GOÏTA est né en 1983. Fils d’un officier des Forces Armées Maliennes, il a été formé dans les académies militaires du Mali et fréquente notamment le Prytanée militaire de Kati et l’École militaire interarmes de Koulikoro. Il dirige les Forces spéciales maliennes dans le centre du pays avec le grade de Colonel. Il a été ainsi confronté à l’insurrection djihadiste au Mali.
Parcours militaire
Le Colonel Assimi GOITA a choisi de servir dans l’Armée de Terre, Spécialité Arme Blindée et de la Cavalerie. A la sortie de l’École d’Officiers, le Colonel GOITA a été affecté au 134ème Escadron de reconnaissance à Gao en 2002.
• De 2005 à 2008 : Commandant adjoint du 123ème Escadron de reconnaissance de Kidal.
• De 2008 à 2010 : Il commande le sous groupement tactique N03 dans le cadre de lutte contre les groupes armés et les narco trafiquants à la frontière Mali-Algérie.
• De 2011 à 2013 : Il commande la 2ème Compagnie de soutien puis le 37ème Régiment de Transport.
• Après plusieurs affectation et opérations dans le grand nord du Mali (Gao, Kidal ; Menaka, Tessalit, Tombouctou), il décide de se porter volontaire pour servir dans les Forces spéciales en 2014. Ensuite, il a été breveté de l’Enseignement militaire supérieur N01 en 2014.
• De 2014 à 2015 : Le Colonel GOITA a occupé plusieurs fonctions (Officiers d’État-major au Centre Opérationnel Interarmes de l’État-major Général des Armées ; Chef de division opération de l’État-major Armée de Terre).
• En novembre 2015, le Colonel Assimi GOITA est détaché en qualité de Coordinateur des opérations spéciales du Ministère de la Défense auprès du Ministère de la sécurité en 2015 suite à l’attaque terroriste de l’hôtel Radisson Blu.
• De 2016 à 2017 : Il commande l’Unité opérationnelle du Bataillon Autonome des forces spéciales déployée à Sofara.
• Depuis juillet 2018 : Il assure le Commandement du Bataillon Autonome des Forces Spéciales et des Centres d’Aguerrissement. Il a été engagé à plusieurs prises en opération au nord, au centre du Mali et en opération extérieure au Darfour.
Le Colonel Assimi GOITA est titulaire de la Médaille Croix de la Valeur militaire, Médaille de Mérite militaire, Médaille commémorative de campagne, Médaille de la Défense française avec échelon Or, Médaille des Nations-Unies au Darfour.
Il a également à son actif, le cours d’application en France à l’Ecole de Train, le cours de Capitaine en Allemagne en 2008 et l’école d’État-major au Gabon en 2015, le cours d’opérations spéciales de Lutte contre le Terrorisme à Garmisch en Allemagne, le cours des Forces d’opérations spéciales à Tampa en Floride (USA).
Le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) est une institution politico-militaire mise en place le 19 août 2020 au Mali, par des militaires qui ont participé aux événements du 18 aout 2020 ayant abouti à la démission du Président de la République, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta. Le Colonel des Forces armées maliennes, Assimi GOÏTA s’est vu ainsi confier par ses pairs la Présidence du CNSP.
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