Rafah: lueur d’espoir pour les malades de Gaza après la réouverture

Mars 28, 2025 - 16:52
 0  4
Rafah: lueur d’espoir pour les malades de Gaza après la réouverture
Passage de Rafah, frontière entre Gaza et l’Égypte

La situation à Gaza, déjà marquée par des tensions constantes et une crise humanitaire sans précédent, a vu un éclair de lumière, ce samedi 10 février 2025 avec la réouverture du passage de Rafah, frontière entre Gaza et l’Égypte. 

Par Nephtali Aristide AZA

Après plus de six mois de fermeture due à la guerre et aux restrictions imposées, ce point de passage stratégique a permis à cinquante Palestiniens malades de quitter Gaza et de recevoir des soins médicaux urgents en Égypte. Pour les habitants de Gaza, cette réouverture est perçue comme un rayon d’espoir dans un contexte de souffrance extrême.

Le passage de Rafah a rouvert ses portes pour la première fois depuis mai 2024. Ce passage est la principale voie permettant aux Gazaouis d’échapper à l’isolement imposé par le siège israélien. Tandis que l’ouverture de ce point de passage pourrait sembler être une mesure limitée, elle revêt une importance capitale, surtout en période de crise sanitaire. En effet, cette réouverture a permis l’évacuation de cinquante malades, principalement des personnes souffrant de maladies graves nécessitant des traitements que les hôpitaux de Gaza, déjà saturés et en manque d’équipements, ne peuvent pas fournir.

Les autorités égyptiennes ont ouvert la frontière pour permettre à ces patients d’accéder à des soins médicaux en Égypte, où des structures de santé plus équipées pouvaient les prendre en charge. La situation à Gaza reste alarmante : les hôpitaux, souvent en ruines à cause des bombardements, manquent de médicaments, de matériel médicaux et d’électricité, ce qui complique encore les conditions de traitement des malades. Le rétablissement temporaire de l’accès à l’Égypte représente donc un espoir tangible pour les Gazaouis qui ne peuvent pas se permettre de rester sans traitement.

La bande de Gaza est l’une des zones les plus densément peuplées et les plus pauvres du monde. Après plusieurs mois de conflits, d’attaques aériennes israéliennes et de bombardements incessants, la situation humanitaire y est catastrophique. Selon les dernières estimations des Nations Unies, plus de 2 millions de Gazaouis se retrouvent piégés dans un territoire d’environ 365 kilomètres carrés, avec des infrastructures sanitaires, éducatives et sociales quasiment inexistantes. Les hôpitaux, déjà surchargés avant même l’escalade des violences, sont désormais incapables de faire face à l’afflux de blessés.

Dans ce contexte de guerre ouverte, les malades chroniques et les personnes nécessitant des soins réguliers, qu’il s’agisse de dialyse, de traitements contre le cancer ou de soins post-chirurgicaux, ont été particulièrement vulnérables. L’accès à des soins de santé adéquats a été quasiment impossible, car les frontières étaient fermées et l’approvisionnement en médicaments et en équipements médicaux était presque inexistant. La réouverture de Rafah, bien que limitée, est donc une bouée de sauvetage pour ceux qui ne peuvent pas attendre.

La réouverture de Rafah ne concerne pas seulement les malades. Elle a également des implications politiques majeures pour Gaza et la région. D’une part, la frontière de Rafah est un point de passage contrôlé en grande partie par l’Égypte, qui a souvent été perçue comme un acteur clé dans la gestion du conflit israélo-palestinien. L’Égypte a maintenu une position délicate tout au long de la guerre, cherchant à équilibrer ses relations avec Israël et son soutien à la cause palestinienne.

La décision d’ouvrir la frontière pour les malades pourrait être interprétée comme un geste de solidarité, mais aussi comme une manœuvre diplomatique visant à renforcer son rôle dans la médiation du conflit. Les autorités égyptiennes, en coopération avec les Nations Unies et d’autres acteurs internationaux, pourraient utiliser cette réouverture pour plaider en faveur d’un cessez-le-feu ou d’un élargissement de l’accès humanitaire à Gaza. En effet, la gestion du passage de Rafah pourrait aussi être un levier stratégique dans la pression exercée sur Israël et les groupes armés palestiniens pour aboutir à une désescalade du conflit.

Bien que la réouverture de Rafah soit un signe positif, elle reste insuffisante face à l’ampleur de la crise. L’urgence est de parvenir à un accès humanitaire continu, à une cessation des hostilités et à une solution politique durable. L’évacuation des malades vers l’Égypte représente une réponse limitée aux souffrances de Gaza. Cependant, elle démontre également la capacité de la communauté internationale, sous certaines conditions, à répondre aux besoins les plus urgents des civils.

Mais au-delà des soins médicaux, Gaza a besoin de plus que d’une aide ponctuelle. Les Gazaouis ont besoin de sécurité, de stabilité et d’un avenir libre de violence et d’oppression. La réouverture de Rafah n’est qu’un petit pas dans une longue lutte pour la paix et la dignité. Pour les millions de Gazaouis qui vivent chaque jour dans l’incertitude, la véritable question reste celle de la fin des hostilités et de l’établissement d’une paix juste et durable.

La réouverture de Rafah pour l’évacuation des malades est une mesure de soutien vitale dans un contexte où les Gazaouis font face à des conditions de vie extrêmes. Si elle est un soulagement pour les patients, elle demeure un rappel de la souffrance continue des Gazaouis et de la nécessité d’une solution politique. Les efforts internationaux pour permettre un accès humanitaire élargi doivent se multiplier pour éviter que les tragédies humaines ne s’aggravent davantage. La réouverture de Rafah, bien que symbolique, peut-elle ouvrir la voie à une paix durable dans la région ? L’avenir reste incertain, mais la solidarité mondiale est plus que jamais indispensable.

Quelle est votre réaction ?

like

dislike

love

funny

angry

sad

wow

NewsAfrika "Né en septembre 2014 à Cotonou au Bénin, NEWS AFRIKA est une agence de presse et de communication à potentialités plurielles dans le domaine des médias tout entier: Presse écrite; presse en ligne; production audiovisuelle; montage graphique; rédaction de projet de discours, de plan de communication, de stratégie de communication...."