Goma: la barre de 7 000 morts franchie au titre de 2025

Entre janvier et février 2025 dans la ville de Goma, située dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), au moins 7000 morts et des milliers de blessés sont déjà enregistrés dans des affrontements violents entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le groupe rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise. 

Mars 28, 2025 - 16:47
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Goma: la barre de 7 000 morts franchie au titre de 2025

Entre janvier et février 2025 dans la ville de Goma, située dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), au moins 7000 morts et des milliers de blessés sont déjà enregistrés dans des affrontements violents entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le groupe rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise. 

Par Didi Koffi HOUNNOU

Le M23, composé principalement de Tutsis congolais, a émergé en 2012, accusant le gouvernement congolais de ne pas respecter les accords de paix. Après une période de relative accalmie, le groupe a repris les armes en 2022, avançant vers l’est de la RDC. Leur progression a culminé avec la prise de Goma, une ville stratégique située dans la province du Nord-Kivu, riche en ressources naturelles.

Cette prise de Goma a exacerbé une crise humanitaire déjà grave. Des milliers de civils ont été tués ou blessés, et plus d’un million de personnes ont été déplacés, fuyant les combats vers des zones plus sûres. Les infrastructures essentielles, telles que les hôpitaux et les écoles, ont été endommagées ou détruites, privant la population de services de base. De plus, la présence de munitions non explosées représente un danger constant pour les civils, notamment les enfants, qui risquent de les manipuler par ignorance.

La communauté internationale a réagi avec une profonde inquiétude. Le Royaume-Uni a condamné l’occupation de Goma par le M23 et les forces rwandaises, la qualifiant de violation inacceptable de la souveraineté de la RDC et d’un risque fondamental pour la stabilité régionale. Le Parlement européen a également appelé à la suspension de l’aide directe au Rwanda tant que le pays ne rompt pas ses liens avec les rebelles du M23 et n’accorde pas un accès humanitaire aux zones affectées du Congo. Cependant, le Rwanda nie toute implication directe dans le soutien au M23, malgré les accusations persistantes.

Des initiatives de paix ont été lancées, notamment des pourparlers entre les leaders religieux congolais et les rebelles du M23. L’évêque Donatien Nshole a souligné que la solution doit être non militaire et que toutes les parties doivent rétablir les services infrastructurels essentiels pour les millions de déplacés par le conflit. Cependant, ces efforts ont été entravés par la méfiance mutuelle et la complexité des enjeux régionaux. Le gouvernement congolais a appelé au calme et à la mobilisation de la population, dénonçant la présence de l’armée rwandaise aux côtés des rebelles comme une violation flagrante de la souveraineté nationale. Il a également exhorté les habitants de Goma à adopter des comportements responsables et à suivre des consignes strictes pour garantir leur sécurité.

La situation à Goma a des répercussions au-delà des frontières congolaises. Les pays voisins, tels que le Burundi et l’Ouganda, ont renforcé leurs défenses, craignant une propagation du conflit. Le président burundais Evariste Ndayishimiye a exprimé de vives préoccupations concernant une possible extension du conflit, tandis que l’Ouganda a adopté une posture défensive avancée pour empêcher d’autres groupes armés d’exploiter la situation. La communauté internationale redoute une escalade régionale qui pourrait déstabiliser davantage la région des Grands Lacs.

La prise de Goma par le M23 marque une escalade significative du conflit en RDC, avec des conséquences humanitaires dévastatrices et des implications régionales préoccupantes. La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour soutenir les initiatives de paix, fournir une aide humanitaire d’urgence et encourager le dialogue entre les parties prenantes afin de parvenir à une résolution durable du conflit. La situation reste fluide, et il est impératif de surveiller de près les développements pour anticiper et atténuer les impacts sur la population civile et la stabilité régionale.

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