Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo, les hostilités mais,...
C’est un retour sur la scène politique qui est encore loin de finir en apothéose. Le géant meeting du PPA-CI à Yopougon, conduit par l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo contraint le pouvoir Alassane Ouattara à imposer des restrictions contre la candidature de l’ancien prisonnier de la Haye, dans le cadre de l’élection présidentielle de 2025.
C’est un retour sur la scène politique qui est encore loin de finir en apothéose. Le géant meeting du PPA-CI à Yopougon, conduit par l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo contraint le pouvoir Alassane Ouattara à imposer des restrictions contre la candidature de l’ancien prisonnier de la Haye, dans le cadre de l’élection présidentielle de 2025.
Par Didi Koffi HOUNNOU
La nostalgie du pouvoir. C'est ce qu'il faut comprendre à travers la candidature de l'ancien président Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle de 2025. À un moment donné, il n'a jamais rêvé de la vivre. Rêve ou réalité ? Laurent Gbagbo fait son come back politique. Un retour sur la scène politique ivoirienne, après plus de 12 ans d'absence. Cela relève du destin des grands leaders politiques. L'ancien président ivoirien ferme les yeux sur les 10 années d'ennuis politico-judiciaires. Un passé où il était condamné, à tort ou à raison, au bûcher de la Justice internationale. Vinrent la délivrance, ce 31 mars 2021 et le retour sur la terre de ses aïeux, au mois de juin de la même année. L'amour du pays. La volonté de servir la Nation, contre vents et marées. Sans définitivement fermer la page du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'ancien pensionnaire de la Cour pénale internationale de la Haye (CPI) ouvre une nouvelle épopée politique avec le Parti des Peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI). Ce géant meeting politique baptisée "Fête de la renaissance" a été l'occasion pour l'ancien président Laurent Gbagbo, de renouer avec sa base électorale, après son acquittement définitif et dans la perspective de l'élection présidentielle de 2025. Occasion pour l'ancien détenu de la Haye, de revenir sur ses années de détention à la Cour pénale internationale (CPI). Ce qu'il qualifie de la "fin de l'injustice", se veut un nouveau combat pour la manifestation de la vérité à tous les niveaux et situer les responsabilités. "Si la Côte d'Ivoire veut être une nation de paix, de justice, de vérité, je conseille à notre cher pays de continuer à chercher les coupables", a-t-il lancé, citant pêle-mêle, "l'armée française", "l'armée de l'ONU", ou encore "les rebelles", soutenant à l'époque Alassane Ouattara. "Il faut qu'on cherche la vérité et qu'on la trouve", a-t-il martelé. Dans ce quartier bouillant et populaire de Yopougon, il était difficile de se frayer un passage. Une agglomération d'âmes qui attendaient impatiemment ce moment. Une impressionnante mobilisation qui dénote de la puissance et de la force de l'homme du peuple sur l'échiquier politique ivoirien. C'est quand même Laurent Gbagbo, le politicien philosophe, l'harangueur de foule, l'homme qui a toujours le latin facile lorsqu'il est question d'exprimer ses idées et ses pensées. Morceaux choisis : "Ca fait plus de douze ans que je n'avais pas vu Yopougon", a confié à ses militants qui s'étendaient à perte de vue, l'ancien homme fort du PDCI. Et les premières hostilités sont programmées pour la rencontre très attendue avec les jeunes d'Abidjan.
Du haut de ses 77 ans, Laurent Gbagbo peut compter sur le soutien populaire pour reprendre le contrôle de la présidence ivoirienne. Le pachyderme politique soulève à nouveau sa trompe pour remuer la scène politique ivoirienne. Et les soutiens fusent déjà de partout, aussi bien de la classe politique nationale qu'au sein de l'opinion publique.
À commencer par son ancien parti, le PDCI, fortement représenté à ce meeting. Le jeu des alliances se dessine. Dans les rangs des soutiens proches, c'est le grand optimisme. "En 2025, Laurent Gbagbo va retourner au palais" présidentiel, prédit à la tribune le secrétaire général du PPA-CI, Damana Pickass. Le peuple ivoirien attend les prochaines consultations électorales pour faire vote utile. "Nous attendons une seule chose, qu'il reprenne le pouvoir", explique Elise Nemehou, qui a dû braver les intempéries pour assister à ce meeting. "C'est une renaissance, il était mort, et maintenant il est ressuscité ! Jamais je ne l'abandonnerai", se console Yvette Dao, comme pour dire que son choix est déjà fait.
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