Bénin/Présidentielles : Dr Elvis Abou, une candidature sérieuse et audacieuse

Bénin/Présidentielles : Dr Elvis Abou, une candidature sérieuse et audacieuse.

Août 30, 2025 - 13:48
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Bénin/Présidentielles : Dr Elvis Abou, une candidature sérieuse et audacieuse
Dr Elvis ABOU, candidat déclaré à la présidentielle de 2026 au Bénin
Bénin/Présidentielles : Dr Elvis Abou, une candidature sérieuse et audacieuse

Pétri dans les arcanes du pouvoir, Dr Elvis Abou, homme de main d’un ancien président béninois, affiche ses intentions à la fois sérieuse et audacieuse, à briguer dans une démarche alternative, la magistrature suprême, curieusement dans une atmosphère sociopolitique tendancieuse. L’homme soutient son projet dans un entretien exclusif accordé à NEWS AFRIKA à Cotonou, mi-août 2025.

NEWS AFRIKA : Monsieur le président, dites-nous, qui est derrière le candidat Elvis Abou ? 

Dr Elvis Abou: Merci beaucoup, chers amis journalistes. Monsieur Tidjo, bonjour. Monsieur Chaffa, bonjour. Je salue également nos chers amis téléspectateurs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre pays. Je voudrais saisir d’abord cette occasion pour saluer l’initiative de News Afrika, qui est le symbole d’une Afrique qui évolue, le symbole d’une Afrique qui gagne. Je voudrais saluer cette équipe dynamique qui est autour de cette initiative et dont nous voyons les résultats. 

Pour revenir à votre question, qui est l’homme derrière Elvis Abou ? Tout simplement, Elvis Abou est d’abord un citoyen béninois, un citoyen béninois qui est né en 1978 sur le territoire qu’on appelle le Bénin, un territoire riche en histoire, riche en culture, un territoire qui est héritier de cette histoire que nos aïeux ont construite. Nous voulons saluer ces aïeux-là, en passant par  Béhanzin, Kaba et les Bio Guéra.

Nous sommes héritiers de cette riche tradition, de cette riche histoire. Aujourd’hui encore, nous sommes au bout de la chaîne de cette histoire qui continue. Nous saluons les pères fondateurs de l’indépendance de notre pays et le père fondateur de notre conférence nationale et tous ces présidents qui ont présidé aux destinées de notre Nation.

Alors, Elvis Abou, c’est aussi un citoyen africain. Je me considère comme un fils de l’Afrique parce que nous sommes appelés en tant qu’Africains à vivre sur un territoire qui n’a pas de limites, qui ne se fixe pas sur des limites que d’autres ont tracées. Nous devons aller au-delà de ces limites-là pour que l’Afrique soit véritablement intégrée, une Afrique qui se parle avec elle-même, une Afrique qui commence avec elle-même, une Afrique où les fils et les filles du continent peuvent se retrouver là où ils sont à l’aise pour construire un continent qui gagne. Et enfin, je me considère aussi comme un citoyen du monde. Je crois en la solidarité entre les peuples. Nous devons bâtir ce monde de paix, ce monde épris de justice où il n’y a pas des gens qui sont, disons, isolés quelque part, qui dominent d’autres qui sont au bord de la route. Nous devons construire un monde beaucoup plus équitable. 

Quel est l’événement qui vous a le plus forgé politiquement ? 

Il faut dire que j’ai eu cette rare chance de pouvoir évoluer dans un contexte où j’ai été le témoin de plusieurs faits politiques. Je voudrais, à cette occasion, ouvrir cette parenthèse et dire que j’ai été l’assistant du président Boni Yayi de 2006 à 2016. Cette période a été pour moi une occasion riche d’expérience où j’ai appris, aux côtés de ce grand Homme d’État, un homme épris de paix, un homme épris de justice, un homme qui a à cœur le développement de notre Nation.

Dans cette position, il faut dire que j’ai pu véritablement connaître l’homme politique béninois. Cette position m’a donné cette rare occasion de connaître l’homme politique dans sa quintessence, l’homme politique dans sa représentation publique et dans sa représentation intime. Parce que, vous savez, un être humain navigue entre deux tableaux, le tableau public et le tableau privé.

Et donc ces hommes politiques, qu’ils soient, aussi bien de la mouvance que de l’opposition, j’ai pu les côtoyer, j’ai pu les connaître, j’ai pu discuter avec eux. Et donc j’en tire une connaissance très aiguë de ce que c’est que la dynamique politique de notre pays. Et lorsqu’on est dans cette position et qu’on a pu engranger toute cette expérience politique, cela pousse à s’engager, cela pousse à se lever.

Parce que nous avons vu des choses qui ont été bien, mais nous avons également vu des choses qui ont été moins bien. Donc, en tant que jeunes, en tant que nouvelle génération consciente, tout cela nous appelle à nous engager et à nous lever pour proposer d’autres sons de cloche.

Quelle caricature faites-vous donc de l’homme politique béninois ?

Je ne voudrais pas fâcher les gens, parce que, comme je l’ai dit, j’étais vraiment, on va dire, dans le pré carré du président Boni Yayi. Je connais tous ces hommes politiques dans leur expression intime. Et il ne serait pas bienséant de livrer certaines choses ici. 

Quelque chose de vécu, qui pourra, a priori, convaincre le public de ce que l’homme politique béninois, vous le connaissez. 

Il faut dire que l’homme politique béninois peut être changeant, peut être clivant. Cependant, je ne voudrais pas tous les mettre dans le même bateau. 

Quelle valeur personnelle guide votre engagement?

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Je conçois l’action politique comme une action où on doit promouvoir la vertu.

»

Je conçois l’action politique comme une action où on doit promouvoir la vertu. Il n’y a pas d’action publique sans la vertu. Parce que nous sommes au service de nos concitoyens. Nous sommes au service du peuple.

Nous sommes au service des hommes et des femmes qui croient qu’ils nous ont placés là pour que leurs intérêts soient défendus. Et donc, la première chose que je pense et qui doit conduire l’action publique et l’action politique, c’est la vertu. La vertu est entendue comme la qualité à être juste, la qualité à être intègre, la qualité à dire la vérité et la qualité à rendre compte de tout ce qu’on fait et ne pas naviguer dans l’obscurité et dans les ténèbres.

Comment jugez-vous la situation politique après les dernières élections législatives?

Il faut dire que nous sommes dans un contexte assez délicat. Un contexte où vraiment il y a des réformes qui sont mises en œuvre. Je voudrais vraiment croire en la bonne foi des initiateurs de ces différentes réformes. Je veux croire en leur bonne foi parce que je pense qu’on ne peut pas s’asseoir dans un groupe et réfléchir dans le sens de mal faire. Je veux croire que dans la conception de ces réformes, de ces idées-là, l’intention est bonne. Cependant, la mise en œuvre pose quelques problèmes. 

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Il n’est pas toujours bien de se cacher derrière les données agrégées.

»

Je pense que c’est là peut-être où on peut reprocher certaines choses à nos dirigeants qui ont ce mérite d’avoir eu le courage d’engager ces réformes. On peut leur reprocher certaines choses. C’est-à-dire lorsque nous engageons des réformes, lorsque nous mettons en œuvre des choses nouvelles, nous devons être à l’écoute du ressenti des populations. Il n’est pas toujours bien de se cacher derrière les données agrégées.

Est-ce que selon vous, le pays va bien sur papier?

J’ai l’impression que ce que les chiffres présentent, ce n’est pas la même chose que ce que le peuple ressent. C’est l’impression que nous avons et au-delà même de l’impression, c’est ce que nous vivons en réalité. Le Béninois, dans son ressenti, comment il est? Je pense que même le président de la République a pu reconnaître dans ces différentes interventions que finalement, le Béninois vit mal dans sa peau et que le Béninois lambda ne mange pas à sa faim. Je crois qu’ils ont commencé à reconnaître cela. 

Au-delà des chiffres, il y a la réalité de tous les jours et donc il faut descendre au sein de la population pour comprendre un peu ce que dit la population et savoir qu’au-delà des chiffres que nous avançons, au-delà des performances que les agences de notation brandissent et dont nous nous satisfaisons, il faut aller au-delà de cela et comprendre que, attention, il y a des hommes faits de chair et d’os qui sont là et qui vivent la réalité des choses, qui vivent que le marché est difficile, le panier de la ménagère est vide, le prix des produits s’enflamme et donc c’est difficile de plus en plus à nos concitoyens de pouvoir de pouvoir satisfaire convenablement les besoins fondamentaux. Après, le sentiment est très mitigé et on a plutôt tendance à croire que ces réformes-là sont dans une dynamique de restreindre l’élan démocratique du pays. C’est ce que nous ressentons, c’est ce que nous vivons parce que, ça me permet de revenir un peu au début de ma démonstration où je disais que la chose peut être bien pensée et les initiateurs peuvent avoirla pensée de bien faire mais c’est dans l’exécution, dans l’opérationnalisation que se pose le problème.

Ces réformes, selon vous, freinent-elles la démocratie ou plutôt la pousse ? 

Cela me permet de revenir à ce que je disais tantôt. C’est vrai, on peut donner bonne foi à ceux qui ont initié cette réforme-là. Ils peuvent avoir bien pensé la réforme. Cependant, dans la mise en œuvre de cette réforme, il est évident qu’il y a des biais, il est évident qu’il y a des difficultés. Alors, regardez tout le débat que cette réforme a suscité dans le pays. La société civile a longuement communiqué autour de cette réforme. Le clergé a longuement communiqué autour de cette réforme dans le pays. Et même des experts des experts internationaux ont pu opiner par rapport à cette réforme.

Et ils ont relevé les faiblesses de cette réforme, les insuffisants de cette réforme. Alors, quand tant de personnes, quand tant de compétences avérées se lèvent pour relever les faiblesses d’une réforme, on ne se comporte pas comme quelqu’un qui n’entend pas les autres. On doit pouvoir avoir l’humilité d’écouter les autres et recentrer les choses, corriger ce qu’il y a à corriger.

Alors, lorsqu’on ne fait pas cela et que l’on est convaincu de sa propre science et que l’on avance malgré tout, ça permet aux autres de présumer malheureusement de votre mauvaise foi. Si au départ, on avait présumé votre bonne foi et qu’on relève les faiblesses et que vous ne voulez pas écouter, ça veut dire que finalement, la chose était pensée justement pour atteindre un objectif qui n’est pas avoué. Donc cette réforme-là, malheureusement n’est pas allée au bout de tout ce qu’on pouvait espérer.

Voyez-vous, on peut saluer par exemple la participation des femmes. Cette réforme a permis qu’il y ait plus de participation des femmes dans le débat politique. A travers cette réforme, beaucoup de nos concitoyens ont pu aller à l’Assemblée. Mais en face de cela, regardez comment les dispositions d’accord par rapport à la participation aux élections, comment ces dispositions sont tellement contraignantes, pratiquement éliminatoires, on va dire. Donc, c’est comme si au départ, c’était fait pour que finalement, qu’un seul individu décide de qui participe ou de qui ne participe pas. 

Parlons d’exclusion, est-ce que selon vous, la démocratie béninoise est en berne? 

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Disons que la démocratie béninoise vit des moments difficiles.

»

Disons que la démocratie béninoise vit des moments difficiles. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle est en berne, mais elle vit des moments difficiles, des moments délicats. Et nous devons vraiment nous en rendre compte et nous lever pour que ce qu’il y a à corriger soit corrigé. Sincèrement, nous vivons des moments difficiles. Et je crois que le président de la République doit le reconnaitre en son âme et conscience qu’il y a des choses qui ne vont pas bien. 

A travers votre développement, il est difficile de vous positionner comme partisans du système en place. Vous avez été au cœur du pouvoir de Boni Yayi. Quelle comparaison pourriez-vous faire de la manière dont vous avez traité l’opposition hier et la manière dont le régime en place traite actuellement l’opposition ?

Je voudrais d’abord dire que vous avez bien fait de relever qu’on ne peut me classer aussi facilement de l’opposition ou de la mouvance. Parce que je ne voudrais pas avoir cette tunique-là où facilement on est soit dans un camp ou dans l’autre. A mon avis, nous devons dépasser ce débat-là. Il est temps pour nous de dépasser ce débat-là pour donner une chance à notre pays.

Nous ne sommes pas là pour alimenter un camp contre l’autre. Le Bénin est bien plus grand que nous tous et le Bénin est plus grand que nos individualités. Le temps est venu pour que cette nouvelle génération dont je me sens porteur du message, cette nouvelle génération doit être seulement attachée à la Nation, doit être seulement attachée au Bénin pour que nous puissions construire la Nation. 

Pour revenir à votre question, la situation de l’opposition entre ce qui se vivait hier et aujourd’hui, à mon avis, c’est une question qui ne se pose même pas parce que la différence est flagrante. Mais je voudrais juste vous donner un seul exemple pour illustrer ce que je vous dis. Est-ce que vous vous rappelez de ce que nous avons vécu et qu’on appelait les mercredis rouges? Vous vous rappelez de cela? Aujourd’hui, est-ce qu’il y a un projet de mercredi rouge? 

Je pense que ce n’est pas interdit. Il y a le jeudi noir. 

Je sais que vous savez de quoi nous sommes en train de parler. Il est clair qu’aujourd’hui, les dispositions ne sont plus vraiment les mêmes. Il y avait réellement liberté avant. Peut-être une liberté trop exagérée. C’est possible. Mais aujourd’hui, à quitter d’un extrême à un autre extrême, je pense qu’il y a un juste milieu à rechercher. Parce qu’aujourd’hui, pratiquement, les gens n’arrivent plus à parler. Les gens n’arrivent plus à s’exprimer comme ils l’auraient souhaité. C’est vrai, il ne s’agit pas de créer un champ où tout le monde peut faire tout ce qu’il veut. Mais je pense qu’il faut rechercher un juste milieu pour qu’il y ait une expression libre de toutes les pensées. 

Monsieur le Président, quelles sont vos priorités si vous êtes élu en avril 2026 ? 

Le Bénin vit des moments difficiles. Il faut le reconnaître. D’abord, sur le plan sécuritaire, il y a des choses qui se passent qui nous interpellent en tant que citoyen. Donc, il est clair qu’en tant que président de ce pays, dans le mois à venir, il faut axer ses interventions sur le domaine de la sécurité, rétablir la quiétude de nos populations, rétablir la paix de nos populations. C’est une action très urgente, parce que sans la paix, sans la sécurité, rien de possible ne peut être construit en réalité. Et aujourd’hui, c’est vrai, c’est la partie du Nord qui est menacée, mais nous ne savons pas ce qui peut advenir demain. Donc, il faut réellement engager des actions concrètes pour que cette menace-là soit circonscrite et éliminée. Alors, dans ce sens-là, vous voyez que cela nous impose de revoir nos collaborations avec les pays frères qui sont à nos frontières. Il est important que nous puissions relancer ce débat-là avec les pays voisins, le Niger, le Burkina Faso, plus loin le Mali, rétablir cette confiance de coopération.


«
Il est important que nous puissions (...), rétablir cette confiance de coopération.

»

Un pays isolé ne peut pas venir à bout de cette menace-là. Donc, il est important pour que ces pays-là se concertent, que nous soyons dans une dynamique de concertation, d’entente, d’intelligence mutuelle et partagée pour que véritablement cette menace-là soit éliminée. Parce que ce n’est pas compréhensible que des individus s’organisent et viennent menacer la sécurité de tout un État.

Les pays de l’AES disent que le Bénin fait pavé pour ceux qui les alimentent. Ils disent que la France a une base militaire au Bénin qui forme des terroristes ...  

Je pense qu’il y a quand même un problème de mauvaise communication ou de mal compréhension. Pour le moment, nous donnons foi à ce que nos autorités compétentes ont donné comme version. Nous donnons foi à cela et nous croyons à ce que nos autorités ont donné comme version.

Alors, nous devons aller dans le sens de rassurer nos voisins. Par exemple, quelles actions concrètes vous mènerez à partir 2026 pour les rassurer, une fois au pouvoir?

Alors, dans cette position, il est clair que nous allons comprendre un peu ce qui est en dessous, puisque pour le moment, c’est ce qu’on nous dit, ce que nous voyons. Mais dans ma position de chef de l’État, je comprendrai réellement les dessous de cette affaire. Et avec ces informations de première main que j’aurai, que moi-même j’aurai vérifiées, que j’aurai moi-même vues, alors je pourrai, s’il y a à corriger des choses, je vais les corriger, nous allons les corriger. Et ensuite, nous porter vers nos voisins, nos frères, et leur prouver notre bonne foi. Et leur dire, en réalité, voici ce qu’il y avait, voici ce que nous avons corrigé, voici un peu ce que nous avons fait pour qu’ils soient rassurés.

Alors, s’il faut faire des pas vers eux, nous allons les faire. Et je suis convaincu que nos partenaires nigériens, nos partenaires Bukinabés sont également dans cette même dynamique de retrouver cette paix-là, cette entente entre nos pays. C’est important pour nous et c’est important pour notre sécurité et notre développement.

Parlons économie, et dites-nous quelle politique mèneriez-vous pour le Bénin face aux défis actuels? 

Je rêve de rassembler tous les fils et toutes les filles de notre Nation autour de la question économique. Vous voyez, en 1990, le pays a eu le génie d’organiser une conférence nationale pour refonder la politique de la Nation et pour guider le pays sur le chemin de la démocratie. Il me semble que le moment est venu pour qu’il y ait une conférence nationale des forces vives sur le plan économique.

« 
(...) le moment est venu pour qu’il y ait une conférence nationale des forces vives sur le plan économique.

»

Qu’est-ce que je veux dire par là? Que toutes les forces vives de la Nation se retrouvent pour refonder la question de notre parcours économique. Est-ce que vous voyez? Nous avons besoin de rassembler tout le monde autour de cette question-là. Il ne sert à rien qu’il y ait des individus qu’on élimine, des individus qu’on fait sortir et de réserver, disons, les premiers rôles à certaines personnes seulement. Non, nous devons être tous ensemble pour bâtir cette Nation. Et donc, le secret réside, d’accord, dans la promotion de nos petites entreprises.

Nous devons créer des conditions pour que la jeunesse béninoise, la population béninoise, le peuple béninois puisse entrer dans une ère vraiment d’innovation, où chacun innove, où chacun excelle dans son domaine, que ce soit dans l’agriculture, que ce soit dans le commerce, que ce soit dans l’artisanat, que le génie béninois puisse s’exprimer beaucoup plus librement, donner la place à tout le monde pour que tout le monde puisse travailler et contribuer à bâtir une nation économiquement prospère. 

Nous parlons de jeunes, vous venez de l’évoquer, la question du chômage des jeunes est très préoccupante. Comment comptez-vous répondre à cela?

Voyez-vous, il est clair que l’État en lui-même ne crée pas en tant que tel l’emploi, mais l’État crée les conditions pour qu’il y ait de l’emploi, crée des conditions pour que le privé puisse créer des emplois. Et donc, ma précédente intervention peut être liée à ce que je suis en train de vous dire. C’est-à-dire qu’il s’agit de favoriser un secteur privé dynamique, un secteur privé compétitif, un secteur privé innovant pour permettre à la richesse d’être créée, pour permettre aux services, aux industries, aux établissements de s’installer et permettre à ce que le peuple puisse réellement libérer son génie. Et c’est en cela que la question du chômage peut être résorbée. C’est vrai, ça c’est un pan de la question. Mais l’autre pan également, c’est la question de la formation. 

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Nous devons continuer dans les réformes (...) à ce qu’il y ait de la qualité dans la formation de nos jeunes.

»

Parce que si le dispositif est en place et le secteur privé, disons, est dans sa dynamique de création de richesses et d’emplois, il faut qu’il y ait, bien sûr, des compétences pour occuper ce poste-là. La question de la formation revient dans ce volet-là. Nous devons continuer dans les réformes vraiment qui tendent à ce qu’il y ait de la qualité dans la formation de nos jeunes. Aller dans le secteur technique, dans le secteur technologique, dans le secteur d’innovation, pour que, lorsque le jeune finit sa formation, il soit immédiatement disponible pour le marché de l’emploi.

Nous venons de constater que vous avez du potentiel pour aspirer à la magistrature suprême. Mais l’alternance à laquelle vous aspirez, c’est sous quel signe ? Et dites-nous, qui sera votre colistier ?

 Cette question sera répondue en son temps. Sachez que nous allons former un duo compétitif, un duo qui répond aux aspirations du peuple.

 On va aller dans la sous-région et parler de la fragilisation de la CEDEAO, avec le retrait des trois pays qui ont constitué l’AES. Et dites-nous, quelle est la place du Bénin aujourd’hui dans cette atmosphère qui, visiblement, n’est pas bonne ?

Oui, c’est vrai, notre institution sous régionale vit un moment difficile. Et il me semble qu’il y a une rupture de confiance entre l’institution et le peuple africain, et le peuple de la sous-région, ce qui est dommageable. Je crois que les pères fondateurs de ce bel instrument de coopération et d’intégration ont pensé à une sous-région réellement intégrée, où les peuples sont réellement unis dans la fraternité et où les peuples se sentent à l’aise pour coopérer et travailler ensemble. Malheureusement, des crises successives, notamment politiques, ont conduit à la fragilisation de cette confiance. Il est vrai, nous devons le reconnaître, qu’à un moment donné, la CEDEAO a tenu des postures qui laissent pensif. Il relève de cette institution de pouvoir se refonder, de pouvoir renaître pour que cette confiance-là puisse revenir au sein du peuple. On ne peut pas dire que cette institution doit être supprimée. Non. Mais cette institution a besoin d’un toilettage. Cette institution a besoin de revenir aux aspirations du peuple. Parce qu’en réalité, l’institution est là pour le peuple. Et nous devons vraiment le reconnaître. L’institution est là d’abord pour le peuple. Elle doit défendre le peuple. Elle doit défendre la démocratie, la paix et la prospérité des peuples. Donc, nous devons avoir, comme le disait le Président Boni Yayi, nous devons avoir une CEDEAO des peuples qui porte réellement la voix des peuples africains et qui travaille pour le bien-être des peuples africains. Nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut aller à une réforme de certaines choses de cette institution pour qu’elle revienne en confiance avec le peuple africain.

Monsieur le Président, vous savez que la CEDEAO a perdu sa crédibilité par le fait que des chefs d’État africains s’éternisent au pouvoir. Quel est votre avis sur cette manière d’agir? 

Oui, il est vrai. C’est une question qui me fait mal au cœur en réalité. Cette tendance de certains chefs d’État à vouloir à tout prix tordre le cou aux décisions et on paie des experts pour venir expliquer ce qu’on ne peut pas expliquer. De toute simple façon, on veut atteindre un but. C’est vraiment dommage pour nos nations. C’est vrai, la CEDEAO a à un moment donné, par son silence face à certains faits, et par ses postures également face à certaines situations, perdu, comme vous le dites, sa crédibilité. Moi, je dirais que la confiance a diminué, la confiance que la population, le peuple avait dans cette institution, la confiance a diminué. Il est temps que cette institution soit renforcée de telle manière qu’elle soit capable de faire respecter certaines règles que les pays de commun accord se sont données. Parce que vous voyez, lorsqu’on s’entend sur des règles données, sur une conduite donnée, que la CEDEAO puisse avoir les moyens de pouvoir tout au moins contraindre les peuples qui disent écoutez, les règles que nous avons fixées là, il faut les respecter et permettre à ce que la démocratie puisse vivre dans nos pays.

Quelle est votre conception de la bonne gouvernance, des règles démocratiques ? 

La bonne gouvernance, c’est bien gérer, oui, mais également gérer dans la transparence la chose publique. Ne pas confondre la chose publique à la chose privée.

Gérer dans la transparence et rendre compte de ce que nous sommes en train de faire. C’est important. Alors, vous savez, la chose la plus importante sur laquelle il faut travailler dans nos nations en général, si c’est le projet. Nous avons beaucoup de projets, nous avons beaucoup de stratégies, nous avons beaucoup de documents qui parlent de comment faire. Mais la question fondamentale que nous devons revoir dans nos nations en général, c’est la question de l’homme. La question de l’homme, la qualité de l’homme. Parce que l’homme est la base de tout développement. Est-ce que vous voyez ? Alors, il y a des exemples de mauvaise gouvernance un peu partout. Autant, par exemple, on a connu des questions de mauvaise gouvernance.

Également, au cours de cette mandature, nous avons connu également des questions de mauvaise gouvernance. Ça veut dire quoi ? Ça revient à la question de l’homme. En réalité, c’est le béninois, il faut travailler sur le béninois, sur l’homme béninois. C’est vrai, les institutions sont là, avec les lois, avec les règles. Mais l’homme béninois, on doit pouvoir travailler sur l’homme béninois. On doit pouvoir aller à l’éducation de l’homme béninois. On doit pouvoir aller à la sensibilisation de l’homme béninois. Est-ce que vous voyez ? C’est parce que quelqu’un a pu dire dans ce pays qu’on ne peut pas importer des Indonésiens pour aller travailler au Bénin. La qualité de l’homme béninois est très importante. Donc, nous devons aller dans le sens de l’éducation de l’homme béninois pour qu’il y ait vraiment des citoyens vertueux, d’accord, qui sont capables de pouvoir gérer convenablement la chose publique.

Quelle communication est très urgente pour ramener l’homme au cœur, sinon le facteur homme, le bon homme au cœur dans le Bénin ? 

« 
On ne peut pas parler de bonne gouvernance sans une justice équitable 

»

Oui, ça, c’est des choses qu’il faut poursuivre. Vous voyez, c’est des efforts. C’est des efforts de longue haleine. Les présidents ou les mandats antérieurs ou les mandats successifs ont fait des efforts et nous devons continuer dans ces efforts-là. On ne peut pas parler de bonne gouvernance sans une justice équitable, par exemple, sans une justice performante, une justice qui ne devienne pas un instrument de terreur ou d’élimination du concurrent. 

Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui, les libertés démocratiques sont pleinement garanties ? 

Oui, ce que je peux dire c’est que nous ne sommes pas dans le secret des décisions de justice. Nous sommes mis au courant à travers ce que les pouvoirs publics nous servent. Est-ce que ce qui a été reproché, mis en cause, est-ce que c’est la vérité ou bien c’est la réalité ou pas ? Oui, les audiences publiques, mais nous n’y étions pas. Quand on rentre également dans le système judiciaire, beaucoup de personnes dénoncent aujourd’hui, surtout les avocats, l’immixtion de l’État dans le système judiciaire. Ces réformes, qu’est-ce qui a été apporté ? Est-ce qu’elles garantissent aujourd’hui la liberté ? Si oui, il n’y a pas de souci, nous allons applaudir et continuer. Lorsque ceux qui sont bénéficiaires de l’action de la justice en arrivent à soupçonner des incohérences, à soupçonner que la justice n’est pas indépendante, ça veut dire qu’il y a des choses à corriger. Cela est très important. Et c’est ce que je disais tantôt, je disais qu’il ne faut pas se satisfaire de belles professions.

Nous avons fait, nous ferons, mais qu’est-ce que le peuple dit ? Quel est le ressenti ? Après toute cette condamnation, quel a été le ressenti ? C’est vrai, il y a une question officielle qui a été servie, mais quel ressenti nous avons dans ce processus-là ? Quel est le ressenti du peuple ? Alors, de ma position ici, moi je ne pourrais pas dire oui, la justice a été bien faite ou non, la justice n’a pas été bien faite. Je n’ai pas les moyens qu’il faut en ce moment-ci de le dire, mais en tant que sociologue, moi je m’interroge sur ce que le peuple dit, la perception du peuple, le ressenti du peuple. Et c’est des choses qu’il faut investiguer, qu’il faut chercher.

Peut-être qu’il y a effectivement eu des choses à revoir ou à le dire, je crois que nous allons revoir ces choses à revoir et corriger ces choses à corriger. Et il est important que cette confiance soit rétablie. Est-ce que vous voyez, il n’est pas possible que lorsque le peuple lambda, c’est-à-dire le citoyen lambda va devant, face à la justice, qu’il se dise que parce que peut-être l’autre a les moyens ou l’autre est dans de bonnes grades de pouvoir, ou bien il a gagné d’avance.

Non, la justice ne doit pas être dans ce sens-là. La justice doit être une justice équitable pour tout le monde, une justice rendue au nom du peuple, d’accord? Et donc elle doit être équitable pour tout le monde. 

Des présidentiables de 2021, sinon aujourd’hui des candidats malheureux, ont fini leur course dans des maisons d’arrêt. Vous, candidat de nos jours, est-ce que vous avez suffisamment mis de gants pour ne pas finir aussi en prison? 

Votre question me fait sourire. C’est à croire qu’il suffit de dire qu’on est candidat pour finir dans une prison.

Les cas Aïvo et Madougou, ne serait-ce que ces deux exemples sont illustratifs. On ne sait quelle erreur vous allez commettre dans votre parcours vers la marina, nous ne le souhaitons pas. Est-ce que vous avez suffisamment mis de gants pour ne pas commettre d’erreur, afin de se retrouver dans les mailles de la justice?  

Alors, dans un premier de temps, je voudrais vous dire que je suis convaincu que les décisions de justice qui ont été rendues en l’encontre des personnes que vous venez de citer, n’ont pas été rendues pour sanctionner leur volonté d’être candidat.

Il n’y a pas eu une condamnation sur des projets de candidature. Nous ne pouvons pas dire qu’ils ont été condamnés es qualité de candidat.

Je suis sûr que nous sommes d’accord sur ce point-là. Alors, revenant à moi-même, j’avais dit que nous devons être vertueux. Celui qui aspire à une telle responsabilité à la tête de notre Nation, à la tête de l’État, cette personne doit vraiment développer des qualités de vertu. C’est vrai, vous pouvez me répondre qu’un individu n’est pas parfait, mais nous devons faire l’effort, d’accord, de promouvoir la vertu. Et tous les jours, nous devons la promouvoir. Et c’est ce que je fais et c’est ce que je ferai. 

Vous n’appartenez ni à la mouvance  ni à l’opposition parce que vous n’avez pas vraiment fait une déclaration officielle. Comment allez-vous réglé les questions de parrainage ?

« 
La gestion d’un Etat, (...) c’est comme une course de relais.

»

Moi, je vois la gestion de nos états comme une course de relais. La gestion d’un état, la gestion d’un pays, la gouvernance d’un pays, c’est comme une course de relais. Ça veut dire quoi? C’est une course, c’est vrai, mais dans cette course-là, il y a des courses.

Chacun vient faire sa course.. Alors, cela me permet de répondre aux gens, par exemple, qui se disent que tel président a fait mieux, l’autre a fait mieux. Et on dit que depuis 1960, depuis que le Bénin est Bénin, personne n’a fait comme lui. Non, mais non, ça là, c’est manquer d’intelligence. Le fait de parler ainsi, c’est manquer d’intelligence.

Dans une course de relais, qui gagne? Est-ce que c’est le dernier coureur qui est au bout de la ligne là-bas ou bien au bout de la chaîne? C’est lui qui gagne? Non, c’est l’équipe qui gagne. Alors, si celui qui est au bout de la chaîne gagne, c’est parce que les autres ont fait des efforts. Les autres lui ont transmis le relais quand il faut. Les autres lui ont transmis le relais au bon timing. Les autres, du moins, lui ont transmis le relais dans les conditions qui lui ont permis de faire une bonne course. Et chaque coureur de cette chaîne-là a un rôle à jouer, a une responsabilité, a une course à faire pour que la course générale soit une course performante et gagnante. Alors, lorsque quelqu’un vient faire la fondation, un autre vient monter les murs, un autre vient monter la toiture. On va dire que c’est celui qui a monté la toiture qui a bâti plus que tout le monde. Et donc, ça va nous permettre de dire qu’en réalité, une nation se construit d’accord avec les acteurs et chacun vient jouer un rôle autant qu’il convient. 

Quelle magie vous allez faire pour avoir les parrainages? 

Oui ne soyez pas pressé. Je vais en revenir.

Cela nous permet de dire encore quoi? C’est important que nous puissions le dire dans ces circonstances-ci. J’ai parlé de course de relais. Ça veut dire quoi? Dans une course de relais, ce n’est pas un seul coureur qui fait la course sans ses coéquipiers.. S’il doit passer le relais, à un moment donné, il doit passer le relais. S’il ne le passe pas, il disqualifie toute l’équipe. On a beau être Usain Bolt, d’accord? Lorsqu’il y a un autre coéquipier devant, on va pouvoir passer le relais pour que lui aussi puisse aller et passer le relais à un autre.

C’est comme ça que cela va se passer. On ne doit pas garder le relais entre les mains sous prétexte qu’on est le meilleur coureur ou bien le coureur le plus beau et dire qu’on ne veut pas passer le relais. Cela dit, qu’en est-il de la question des parrainages? La question qui fâche tout le monde et à la fois la question qui retient toutes les attentions. Je voudrais vous rassurer, chers amis de la presse et chers téléspectateurs, que nous avons la conviction que, c’est vrai, nous avons des choses à redire sur cette réforme qui finalement a mis entre les mains de nos députés, entre les mains de nos élus, un droit que moi, personnellement, je qualifie de droit abusif. C’est un droit qui ne lui appartient pas. Il appartient au peuple de se déterminer et de pouvoir proposer des candidats. L’histoire de notre Nation a montré que toutes les candidatures qui ont prospéré sont les candidatures qui ont été portées par le peuple. J’aime citer l’exemple de notre président, le président Patrice Talon. Il a eu le pouvoir par le peuple, par la volonté du peuple.

Le candidat qui était en face de lui était un candidat porté par les partis et ce candidat a échoué devant lui tout simplement parce que le peuple l’a porté. C’est la vérité, ça. Alors, pour nous qui sommes aujourd’hui dans cette course-là, nous avons la conviction que la volonté du peuple s’exprime au travers de nous. Nous avons cette conviction-là. Nous sommes le candidat du peuple. Le choix du peuple étant sur nous, ne vous en faites pas.

Le moment venu, les questions de parrainage seront réglées de toutes les façons. Si réellement les partis politiques ou les élus du peuple sont réellement les élus du peuple, ils ne peuvent pas aller en contradiction de ce que le peuple veut. Si réellement ils sont les élus du peuple, ils doivent écouter ce que le peuple dit, ils doivent se conformer à la volonté du peuple. Donc, ne vous en faites pas. Beaucoup de choses, beaucoup de surprises sont à venir. 

Comment allez-vous éviter la tentation de s’accrocher au pouvoir? 

C’est la réalité cachée que je suis heureux de vous révéler. Un président de la République est un individu seul, solitaire. Ça veut dire quoi? À un moment donné, il doit se référer à ses propres valeurs. À un moment donné, il doit revenir à lui-même. 

Les constitutions que nos peuples se sont données sont des bibles. Lorsqu’un président de la République jure sur la Constitution de la respecter, de respecter son peuple, à un moment donné, il doit revenir à cela. Parfois, et c’est ça qui est malheureux, parfois, le président lui-même se trouve pris à l’otage.

Le président lui-même se trouve pris à l’otage. Par ses partisans, vous verrez que, si vous suivez l’actualité, ceux qui parlent aujourd’hui, c’est les partisans. Ceux qui sont en train de parler de dynamique continue, c’est les partisans. Et c’est ceux qui, malheureusement, parfois, induisent ces hommes d’État dans des choses qu’ils ne veulent pas faire. Alors, il est important pour un chef d’État, un président de la République, d’avoir les valeurs auxquelles il s’en tient. Quels que soient les griots qui l’entourent, parce qu’il en aura toujours. Les gens viendront dire, ah, vous êtes le plus beau, vous êtes le meilleur danseur. Et à part vous, personne n’a fait comme vous. Ça là, c’est des gens qui reviennent à chaque gouvernance présidentielle.

C’est des fous du roi, comme vous le dites. Et donc, le président, celui qui a à chaque fois, va être informé que, c’est vrai, il paraît que dans une République, on a besoin de tout le monde. Aussi bien des sages que des fous, il paraît. Alors, le président de la République qui, étant seul face à lui-même, face à sa conscience, face à la responsabilité que le peuple lui a confiée, va pouvoir, à un moment donné, se séparer de la folie des fous pour s’attacher à la sagesse des sages. 

Comment entrevoyez-vous le Bénin dans 20 ans après votre gouvernance?  

Très simple. Mon vœu, c’est de pouvoir savoir que le peuple puisse, après des années de gouvernance, dire que ce président, Dr Elvis Abou n’a pas trahi le peuple. C’est ce que je veux que le peuple tienne. Lui n’a pas trahi le peuple. Voilà.

Veuillez conclure cet entretien 

C’est d’encourager toute la jeunesse béninoise, d’encourager tout le peuple béninois à se lever comme un seul homme pour que cette Nation qui nous est chère, nous puissions la bâtir ensemble. De nous donner la main afin que ces difficultés qui sont devant nous, ces obstacles qui sont devant nous, nous puissions les surmonter. Et nous allons le faire si nous avons la volonté, si nous avons l’engagement qu’il faut. Nous allons rester ensemble pour que cette nation soit une nation où tout le monde se sent à l’aise, où tout le monde participe à la construction pour que notre pays soit un pays prospère.

Réalisation:

Comlan Anicet TIDJO

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