Aide de l'État à la presse privée: Le FADeM, une arlésienne ?
L’argent public est un bien rare, qui ne doit être utilisé qu’avec prudence et soucis d’efficacité. C'est le principal enseignement que l'ensemble des acteurs du secteur des médias doivent tirer du gel de l'Aide de l'État à la presse privée au risque de vivre les mêmes déconvenues avec la mise en place du Fonds d'appui au développement des médias (FADeM).

L’argent public est un bien rare, qui ne doit être utilisé qu’avec prudence et soucis d’efficacité. C'est le principal enseignement que l'ensemble des acteurs du secteur des médias doivent tirer du gel de l'Aide de l'État à la presse privée au risque de vivre les mêmes déconvenues avec la mise en place du Fonds d'appui au développement des médias (FADeM).
Depuis 2016, le Gouvernement a gelé les subventions de l'État à la presse privée en attendant la mise en œuvre des réformes audacieuses. Tous les journalistes s'accordent à reconnaître la nécessité du recentrage de l'Aide de l'État à la presse privée en direction de véritables stratégies d'investissement. Ils appellent ainsi à une meilleure gouvernance de l’aide de l’État en modernisant le dispositif règlementaire, en faisant preuve d’innovation.
Le modèle actuel de l’aide doit effectivement évoluer. Il est nécessaire d'encourager les organes de presse à faire évoluer leur offre éditoriale et à l'adapter aux nouveaux modes de consommation qu'induisent les mutations technologiques.
Cette réflexion sur la rigueur et la pertinence économique de l’intervention de l’État est rendue d’autant plus nécessaire par le vote du Code de l’information qui consacre en son article 39, la création d’un Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADeM). L’efficacité de cette nouvelle structure suppose d’en définir les principes généraux dans un texte de niveau décrétale ou législatif et d’en détailler le fonctionnement dans des textes ou décisions de rang inférieur.
Changement de référentiel
Le dispositif actuel de l’octroi de l’aide de l’État à la presse se caractérise par une prédominance des subventions sur les autres formes d’intervention, en particulier, les avances remboursables sous conditions qui méritent d’être instituées.
Il faudrait faire en sorte de parvenir à une étude des dossiers de demande de l’aide fondée sur des critères plus qualitatifs qui, même objectivés, n’en comporteront pas moins une part de jugement professionnel plus importante, une marge d’intervention plus affirmée que celle qui résulte de l’octroi d’aides fondées sur la satisfaction de conditions formelles. Il faudrait conférer à l’intervention de l’État, une plus grande transparence.
En effet, la transparence des interventions de l’État en faveur des bénéficiaires des aides à la presse constitue la contrepartie de la nouvelle logique dans laquelle est appelée à se situer l’action des pouvoirs publics. Elle est à ce titre l’une des conditions de réforme du dispositif. Ainsi, le FADeM doit être doté de « règles du jeu » lisibles et compréhensibles permettant d’identifier de façon claire et transparente la nature des demandes susceptibles d’être soutenues. Il serait indiqué de prévoir un enrichissement de l’information et des instruments permettant d’assurer le suivi des effets de l’aide accordée et d’en apprécier tant l’impact que la correcte utilisation par les bénéficiaires.
Souleyman BILHA, Consultant en gestion des Médias
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