L’éternelle Françafrique
Un mauvais vent souffle actuellement en Afrique francophone et curieusement comme une poule, la France expose publiquement ses fesses. Pour certaines nations africaines, elle est désormais rangée dans le passé et n’existe qu’historiquement car, dépourvue de toutes influence et notoriété.
Un mauvais vent souffle actuellement en Afrique francophone et curieusement comme une poule, la France expose publiquement ses fesses. Pour certaines nations africaines, elle est désormais rangée dans le passé et n’existe qu’historiquement car, dépourvue de toutes influence et notoriété.
Par Anicet TIDJO
Sur la forme, d’aucun évoquerait un échec diplomatique sur le continent africain, sous l’ère Macron. Mais, sur le fond et selon les réalités géopolitiques, ce sont désormais les populations africaines elles-mêmes, à travers leurs dirigeants taxés surtout de “putschistes“ qui évincent la France et tout ce qui l’incarne à titre de puissance coloniale et partenaire au développement.
Cette ère tant attendue est finalement osée à visage découvert par les trois dirigeants de l’AES –Alliance des Etats du Sahel- respectivement, les présidents Assimi Goïta du Mali, Ibrahim Traoré du Faso et Tiani Abdourahamane du Niger qui par principe de gouvernance, retirent leurs pays des institutions continentales partenaires de la France, en l’occurrence, la CEDEAO.
Rupture totale ou sectaire ?
Des onze accords secrets postindépendance établis entre la France et ses colonies, résultent quatre secteurs de partenariat notamment, l’économie à travers les accords de coopération monétaires autour du F CFA ; la sécurité dont les accords de défense et de coopération militaire ; le financement qui sous-tend les accords commerciaux et l’accès aux ressources naturelles et la promotion de langue française incarnée par les accords de coopération culturelle et technique.
Il s’avère que les Etats ayant divorcé avec la France conservent irréversiblement le pôle technico culturel hérité : la langue officielle et administrative reste le français et en sera ainsi pour très longtemps, sinon pour l’éternité. Il en est de même pour de milliers d’enseignants et d’assistants techniques français, les bourses d’études en France pour les élites africaines, et la structuration de l’enseignement supérieur.
S’agissant de la rupture avec le franc CFA et ses contours clair-sombre, le projet est visiblement en phase préparatoire, mais sa concrétisation reste une ambiguïté alors que la France s’affiche volontiers en soutien audit projet. Quoi qu’il en soit, aucune rupture entière n’est envisageable quant à la libre convertibilité de l’Eco après sa création et à sa stabilité macroéconomique face à l’inflation. Quid de la centralisation des réserves de change auprès du Trésor public français ?
En clair, seuls les accords commerciaux et sécuritaires connaissent une véritable rupture. Cet état de choses interpelle nos dirigeants et leaders d’opinion à revoir leurs narratifs à l’égard de la France: faire bloc sans des éléments de langage désobligeant, contrastant les liens coloniaux qui demeurent dans le quotidien des africains francophones. Car, pour son développement, aucun Etat du monde ne saurait y parvenir sans le concourt de ses voisins.
Si le continent africain compte 54 pays, les colonies Françaises sont approximativement une vingtaine dont une majorité de fidèles. Elle figure en 2026 au 7ème rang des puissances mondiales ; constitue la 2ème économie de l’Union européenne derrière l’Allemagne ; 3ème réseau diplomatique mondial, et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ; 5ème puissance militaire mondiale et parmi les principales puissances détentrices de l’arme nucléaire et enfin, c’est la 1ère destination touristique au monde, bénéficiant d’un fort rayonnement culturel et économique.
Selon Mahatma Gandhi, « les seuls droits qui méritent d’être réclamés sont ceux qu’autorisent le devoir accompli ». Les citoyens de l’Afrique francophone devront désormais travailler comme il se doit pour espérer inverser la tendance, sécuriser leurs ressources minières et naturelles à exploiter localement avec notion de mesure; créer de l’emploi direct et de la richesse ; résorber la pauvreté ; bannir la corruption et défendre en toute humilité leurs identités. Sans quoi les discours hostiles à l’égard de la France resteront de vaines diversions et une mauvaise orthodoxie laissée en héritage.
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