Présidentielle à venir : le temps du courage politique et de l’unité nationale
À l’approche des prochaines élections présidentielles, il est essentiel de rappeler le cadre légal dans lequel se joue la compétition démocratique au Bénin. Depuis les réformes électorales intervenues ces dernières années, l’accès à la magistrature suprême est devenu plus exigeant, plus sélectif, parfois contesté, mais néanmoins contraignant pour tous les acteurs politiques sans exception. Qu’on en approuve l’esprit ou qu’on en critique les effets, ce cadre s’impose à tous et structure désormais la vie politique nationale
Dans cet environnement institutionnel complexe, marqué par des règles parfois perçues comme restrictives, un fait mérite d’être reconnu avec honnêteté : la FCBE est aujourd’hui le seul parti de l’opposition à avoir réussi à proposer un duo présidentiel conforme aux exigences légales. Cet acte, en soi, relève d’un choix de responsabilité politique, là où d’autres formations ont préféré l’abstention, l’attentisme ou le retrait pur et simple du jeu électoral.
Il serait intellectuellement malhonnête de réduire l’engagement de la FCBE à ses seuls résultats électoraux récents. Certes, les scores obtenus lors des dernières consultations ne reflètent pas toujours l’ampleur des efforts consentis. Mais participer à toutes les élections, malgré les vents contraires, malgré les découragements et les obstacles, relève d’une constance démocratique qui mérite respect. La FCBE a choisi de rester debout là où beaucoup ont jeté l’éponge.
Les causes de l’échec relatif de l’opposition ne sauraient être imputées à un seul parti. Elles résident surtout dans la fragmentation chronique, les querelles internes, les suspensions inutiles, les rivalités de personnes et l’incapacité à construire une stratégie commune. Pendant que l’opposition se divisait, la machine politique des partis au pouvoir se renforçait, méthodiquement, efficacement.
Aujourd’hui, le paysage est clair :
– deux grands partis du pouvoir solidement organisés,
– plusieurs formations qui se sont rapidement alignées ou effacées,
– et un seul duo issu de l’opposition qui tient encore debout face à cette réalité : celui porté par la FCBE.
Ce constat impose une responsabilité historique. Le temps n’est plus aux calculs étroits, ni aux égos surdimensionnés. Si opposition il doit encore y avoir, son unité doit naître maintenant. Ce qui rassemble les forces de l’opposition — la justice sociale, la dignité du citoyen, l’alternance démocratique, la fin de la marginalisation d’une partie du peuple béninois depuis près de dix ans — est infiniment plus fort que ce qui les divise.
Dans ce contexte, Paul HOUNKPÈ n’apparaît pas comme l’homme d’un parti, mais comme un point de convergence possible, une offre politique existante, légale et crédible autour de laquelle peut et doit se constituer un bloc solide de l’opposition. Il ne s’agit pas d’adhésion aveugle, mais d’un choix stratégique, dicté par l’urgence démocratique.
Car au final, il faut le rappeler avec humilité et lucidité : le pouvoir ne se donne pas entre appareils politiques, il se reçoit du peuple. Et c’est Dieu seul qui, à travers la volonté populaire, accorde ou retire ce pouvoir.
Aujourd’hui, face à l’histoire, le peuple béninois marginalisé, éprouvé mais toujours digne, mérite une alternative claire. L’union des forces de l’opposition autour d’un cadre existant est peut-être la dernière occasion de transformer l’espérance diffuse en projet collectif.
L’heure n’est plus à la dispersion.
L’heure est au rassemblement.
L’heure est à la responsabilité.
Une analyse de la Rédaction
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