Législatives au Maroc : le Pam en tête, loin de la majorité
Les élections législatives marocaines du 23 septembre 2026 ont placé le Parti Authenticité et Modernité (PAM) en première position avec 97 sièges. Mais loin de dégager une majorité parlementaire, le scrutin ouvre une nouvelle séquence de négociations politiques, sur fond de faible participation et de retour marqué du PJD.
Les élections législatives marocaines du 23 septembre 2026 ont placé le Parti Authenticité et Modernité (PAM) en première position avec 97 sièges. Mais loin de dégager une majorité parlementaire, le scrutin ouvre une nouvelle séquence de négociations politiques, sur fond de faible participation et de retour marqué du PJD.
Le Maroc entre dans une nouvelle phase politique à l’issue des élections législatives du 23 septembre 2026. Les résultats définitifs, proclamés après le décompte des commissions provinciales et régionales, confirment intégralement les résultats provisoires : le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des Indépendants (RNI), crédité de 66 sièges, et le Parti de l’Istiqlal, qui en obtient 65. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) réalise, avec 54 sièges, un retour significatif après sa forte baisse lors du précédent scrutin. Cette nouvelle configuration ne permet cependant à aucune formation de gouverner seule. La Chambre des représentants compte 395 sièges et la majorité absolue nécessite 198 députés. Le résultat du PAM place donc le parti au centre de la prochaine étape institutionnelle : la constitution d’une majorité parlementaire et la formation du futur gouvernement.
Le PAM prend la première place sans majorité
Plusieurs autres formations disposent d’une représentation plus réduite. Cette répartition signifie que la prochaine majorité devra nécessairement reposer sur des alliances. Le résultat électoral ne désigne donc pas seulement un parti arrivé en tête : il inaugure surtout une période de consultations destinées à déterminer la composition du prochain exécutif.
Le retour du PJD, autre fait marquant
L’autre enseignement majeur concerne le PJD. Avec 54 sièges, le parti islamiste connaît un net redressement par rapport aux législatives de 2021. Cette progression le replace parmi les principales forces parlementaires du pays et lui permet de retrouver une présence importante dans l’opposition. Le PJD a par ailleurs annoncé son choix de rejoindre l’opposition parlementaire après le scrutin. Cette position pourrait contribuer à structurer les débats au sein de la nouvelle Chambre, notamment sur les questions économiques et sociales. Ce retour intervient dans un contexte marqué par des préoccupations concernant l’emploi, les salaires, le coût de la vie, le logement, l’éducation et les services publics. Ces thèmes figuraient parmi les principales préoccupations exprimées pendant la campagne électorale.
Au-delà du rapport de force entre partis, le scrutin est également marqué par un niveau de participation relativement faible. Le ministère marocain de l’Intérieur a annoncé un taux national de 38,02 %. La comparaison avec 2021, où la participation avait atteint 50,35 %, fait apparaître un recul important. Ce chiffre constitue un élément important pour comprendre la portée politique du scrutin. Il ne permet pas, à lui seul, d’expliquer les motivations des électeurs abstentionnistes, mais plusieurs analyses de la campagne ont relevé une distance particulièrement visible entre une partie de la jeunesse et les formations politiques traditionnelles. Les questions d’emploi et de perspectives économiques ont notamment occupé une place importante dans le débat public. Le défi du prochain Parlement sera donc également celui de la représentation politique : transformer les résultats électoraux en politiques publiques susceptibles de répondre aux attentes des citoyens, y compris de ceux qui ne se sont pas déplacés aux urnes.
Le résultat du PAM déclenche désormais la mécanique institutionnelle prévue par la Constitution marocaine. Le chef du gouvernement est nommé au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Le futur gouvernement devra ensuite obtenir la confiance de la Chambre. La question centrale des prochaines semaines sera donc celle des alliances. Avec 97 députés, le Pam devra rechercher des partenaires pour atteindre le seuil de majorité. Les discussions pourraient notamment redessiner les équilibres entre les principales formations représentées au Parlement. Cette phase sera déterminante pour la cohérence du prochain programme gouvernemental. Le futur exécutif devra notamment gérer d’importants investissements et poursuivre les grands chantiers économiques et infrastructurels engagés par le Royaume, alors que le Maroc prépare notamment la Coupe du monde de football 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Les questions sociales et celles liées à l’emploi demeureront parallèlement au cœur des attentes exprimées pendant la campagne.
Une nouvelle étape pour la vie politique marocaine
Les législatives de 2026 ne bouleversent donc pas seulement le classement des partis. Elles redessinent les conditions de formation de la prochaine majorité tout en faisant émerger plusieurs messages électoraux : progression du Pam, maintien du RNI et de l’Istiqlal parmi les principales forces, retour du PJD et faible mobilisation électorale.
L’enjeu de l’après-scrutin sera désormais de transformer cette nouvelle configuration parlementaire en une majorité capable de gouverner et de répondre aux attentes économiques et sociales du pays. Le Maroc dispose désormais d’un nouveau Parlement ; reste à voir comment les forces qui le composent construiront les équilibres politiques nécessaires à la prochaine étape gouvernementale.
Par Nicole HADAGBA
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