À l’ONU, Trump, Pezeshkian et Netanyahu se répondent : trois discours, une même guerre
New York — 24 septembre 2026. Trois jours, trois tribunes et trois discours d’une rare virulence. À l’occasion de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump, Massoud Pezeshkian et Benjamin Netanyahu se sont succédé au pupitre de l’ONU, chacun présentant sa lecture de la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran.
Cette séquence n’a pas seulement été marquée par les divergences politiques. Elle l’a été par des mots particulièrement forts, prononcés publiquement devant les représentants de 193 États.
Trump : « Ou do I annihilate the Islamic Republic »
Le 22 septembre, Donald Trump ouvre la séquence.
Devant l’Assemblée générale, le président américain défend l’offensive menée contre l’Iran et pose, dans des termes particulièrement directs, le choix auquel Téhéran serait confronté.
« Will a deal be made with Iran […]? Or do I annihilate the Islamic Republic and do it quickly? »
Autrement dit : un accord sera-t-il conclu avec l’Iran, ou bien les États-Unis « anéantiront-ils la République islamique » rapidement ?
Trump affirme ainsi vouloir obtenir un accord permettant à l’Iran de reconstruire son pays, mais lie explicitement cette perspective à l’acceptation d’un règlement par Téhéran. Son intervention mêle donc menace militaire et ouverture diplomatique.
Le président américain révèle par ailleurs que des représentants américains et iraniens ont échangé à New York pendant plusieurs heures. Selon Trump, la rencontre a été « very good » et « very productive ».
Vingt-quatre heures plus tard, Pezeshkian répond
Le 23 septembre, c’est au tour du président iranien Massoud Pezeshkian de prendre la parole.
Sa réponse est directe. Revenant sur les accusations américaines, il déclare :
« The US president called us terrorists but we are the victims of terrorists. »
« Le président américain nous a qualifiés de terroristes, mais nous sommes les victimes du terrorisme. »
Le président iranien poursuit en rejetant l’idée d’une capitulation de son pays.
« Yes, they did hit us, but we did not bend the knee. »
« Oui, ils nous ont frappés, mais nous n’avons pas plié le genou. »
Pezeshkian présente l’Iran comme un pays qui, selon lui, ne fait que se défendre face aux attaques américaines et israéliennes. Il brandit notamment des photographies qu’il présente comme celles de victimes iraniennes, dont des enfants tués dans une frappe contre une école.
« We have only defended ourselves. We are not terrorists. »
« Nous nous sommes seulement défendus. Nous ne sommes pas des terroristes. »
Mais le président iranien ne ferme pas pour autant la porte aux négociations. S’adressant directement à Donald Trump, il affirme que l’Iran est disposé au dialogue, mais refuse que celui-ci soit imposé par la force :
« We are ready for dialogue and diplomacy and negotiations without accepting the language of force. »
« Nous sommes prêts au dialogue, à la diplomatie et aux négociations, sans accepter le langage de la force. »
La réponse iranienne intervient alors même que des contacts indirects entre responsables américains et iraniens se poursuivent à New York.
Netanyahu : « l’une des décisions les plus faciles » de sa carrière
Le 24 septembre, Benjamin Netanyahu monte à son tour à la tribune.
Son intervention intervient dans une atmosphère particulièrement tendue.
À son arrivée dans l’hémicycle, des dizaines de délégués quittent la salle. Le départ intervient au début de son discours, dans le contexte d’un appel de la Mission palestinienne auprès de l’ONU invitant les délégations à effectuer collectivement un « walk-out » lors de l’intervention du Premier ministre israélien. Le président de l’Assemblée générale demande à plusieurs reprises le retour au calme.
Netanyahu répond directement à ceux qui quittent la salle :
« If there are any other moral cowards who have not yet left the hall, please do so now. »
« S’il y a d’autres lâches moraux qui ne sont pas encore partis, qu’ils le fassent maintenant. »
Puis il défend l’action militaire israélienne contre l’Iran.
À propos de la décision d’attaquer les installations iraniennes, il déclare :
« Attacking Iran was one of the easiest decisions I’ve ever had to make. »
« Attaquer l’Iran a été l’une des décisions les plus faciles que j’ai jamais eu à prendre. »
Et alors que les sièges se vident derrière lui, le Premier ministre israélien affirme :
« In defending itself, Israel is also defending many of the countries whose delegates just left this hall. »
« En se défendant, Israël défend également nombre des pays dont les délégués viennent de quitter cette salle. »
Il ajoute que certains dirigeants de ces pays remercieraient même Israël en privé pour son action contre le programme nucléaire iranien. Cette affirmation relève de la déclaration de Netanyahu et n’est pas, dans les sources consultées, étayée par des témoignages publics de ces dirigeants.
Trois prises de parole, trois récits
En trois jours, la tribune de l’ONU aura donc été le théâtre d’une succession de déclarations particulièrement tranchées.
Donald Trump parle de pression, d’accord et, en cas d’échec, d’« annihilation » de la République islamique.
Massoud Pezeshkian répond que l’Iran n’est pas terroriste mais victime du terrorisme, affirme que son pays « n’a pas plié le genou » et maintient une ouverture à la diplomatie, à condition qu’elle ne soit pas imposée par la force.
Benjamin Netanyahu, enfin, assume pleinement l’action militaire israélienne contre l’Iran, qualifie de « lâches moraux » les délégués qui quittent la salle et affirme que l’attaque contre l’Iran figurait parmi les décisions les plus faciles qu’il ait eu à prendre.
Pour l’instant, les protagonistes ont parlé. Leurs paroles sont désormais inscrites dans le compte rendu politique de cette 81ᵉ Assemblée générale. La confrontation entre ces déclarations et la réalité des opérations militaires, des pertes humaines et de la situation diplomatique constituera une autre étape de cette séquence.
La Rédaction
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