Can 2027 : les grandes nations entre ambitions et premiers avertissements

De l’Algérie au Maroc, en passant par le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, plusieurs poids lourds du football africain ont réussi leur entrée en matière. Mais les nuls concédés par l’Égypte et le Sénégal rappellent déjà qu’aucun statut ne garantit une qualification.

Octobre 4, 2026 - 13:07
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Can 2027 : les grandes nations entre ambitions et premiers avertissements
Accrochage Bénin - Burkina Faso, soldé par 1 - 1
Can 2027 : les grandes nations entre ambitions et premiers avertissements

De l’Algérie au Maroc, en passant par le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, plusieurs poids lourds du football africain ont réussi leur entrée en matière. Mais les nuls concédés par l’Égypte et le Sénégal rappellent déjà qu’aucun statut ne garantit une qualification. 

La route vers la Coupe d’Afrique des Nations 2027 est désormais ouverte. Depuis le 24 septembre, les sélections africaines ont commencé à se livrer bataille dans une campagne qualificative qui conduira les meilleures d’entre elles vers le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, pays coorganisateurs de la prochaine grande fête du football continental. La phase finale se disputera du 19 juin au 17 juillet 2027. Quarante-huit sélections sont engagées, réparties en douze groupes de quatre équipes. Les deux premières de chaque groupe non concerné par un pays hôte décrocheront leur billet pour la phase finale. Dans les groupes comprenant le Kenya, la Tanzanie ou l’Ouganda, une équipe supplémentaire sera également qualifiée, les trois pays organisateurs étant automatiquement admis à la CAN. Derrière ces chiffres se cache une bataille qui pourrait rapidement devenir une affaire de régularité. Dès la première journée, les grandes nations ont été confrontées à des réalités très différentes. 

Le Maroc et l’Algérie répondent présents 

Parmi les principales sélections du continent, le Maroc et l’Algérie ont envoyé les premiers signaux positifs. À Rabat, les Lions de l’Atlas ont dominé le Gabon 2-0 grâce à des réalisations de Noussair Mazraoui et Soufiane Rahimi. Cette victoire permet au Maroc de commencer sa campagne avec trois points et de prendre rapidement position dans le groupe A. L’Algérie a également réussi son entrée en lice. Opposés à la Zambie, les Fennecs se sont imposés 3-1. Jaouen Hadjam avait rapidement ouvert le score avant que la Zambie n’égalise par Fashion Sakala. L’Algérie a ensuite repris l’avantage grâce à Ibrahim Maza, avant que Anis Hadj Moussa ne scelle le succès algérien. Au-delà du résultat, cette victoire possède une dimension particulière puisqu'elle intervient pour le premier match officiel du nouvel entraîneur Brahim Hamdani. Un succès qui lui permet donc d'entamer son mandat dans un contexte favorable. Ces premières performances ne garantissent évidemment rien pour la suite. Mais dans une compétition où les marges d’erreur peuvent rapidement se réduire, prendre trois points dès la première journée constitue un capital précieux. 

L’Égypte et le Sénégal déjà sous observation 

Le contraste est particulièrement visible avec deux autres poids lourds du continent : l’Égypte et le Sénégal. Les Pharaons, sept fois champions d’Afrique, ont été accrochés à domicile par l’Angola, 0-0. Les Égyptiens ont eu des occasions, mais n’ont jamais réussi à trouver la faille. L’Angola repart ainsi du Caire avec un point particulièrement important dans la perspective de la suite du groupe. Le Sénégal, autre grande puissance du football continental, a également été contraint au partage des points. Pour le premier match officiel de Patrick Vieira à la tête des Lions, le Sénégal a concédé un nul 1-1 face au Mozambique. Ces résultats ne constituent pas nécessairement des alertes majeures après une seule journée. Ils illustrent cependant une tendance désormais bien connue du football africain : les équipes réputées moins fortes sur le papier sont de moins en moins disposées à subir. L’écart entre les grandes nations et les autres sélections tend à se réduire, notamment grâce à une meilleure organisation tactique, à l’expérience croissante des joueurs évoluant à l’étranger et à la professionnalisation progressive des structures nationales. 

Le football ouest-africain confirme sa densité 

L’Afrique de l’Ouest demeure au cœur de cette première séquence. La confrontation entre la Côte d’Ivoire et le Ghana constituait l’une des affiches majeures de cette première journée. Les deux anciennes championnes d’Afrique se retrouvaient dans un duel qui témoignait de la densité du groupe C. La CAF avait d’ailleurs identifié cette rencontre comme l’une des principales affiches de l’ouverture des éliminatoires. Dans le groupe F, le Bénin et le Burkina Faso se sont séparés sur un score de 1-1. Un résultat qui laisse les deux sélections en situation d’attente avant la deuxième journée. Le Bénin doit désormais recevoir la Mauritanie le 29 septembre, tandis que le Burkina Faso se déplace en République centrafricaine. Pour les Guépards, cette deuxième rencontre aura donc déjà une importance particulière. Après avoir obtenu un point à l’extérieur, l’enjeu sera désormais de capitaliser à domicile. 

Des outsiders qui veulent bousculer la hiérarchie 

L’une des caractéristiques les plus intéressantes de cette campagne réside dans les performances de sélections qui évoluent souvent dans l’ombre des grandes puissances. La Guinée-Bissau a ainsi réalisé l’une des surprises de la première journée en allant battre la Tanzanie 2-0. Or, la Tanzanie figure parmi les pays hôtes de la CAN 2027 et bénéficie donc déjà d’une qualification automatique pour la phase finale. Le résultat n’en demeure pas moins significatif sur le plan sportif. Le Zimbabwe a également marqué les esprits en renversant la Sierra Leone 3-2 après avoir été mené de deux buts. La Mauritanie, le Mali, le Rwanda, le Togo, la Namibie ou encore la RD Congo ont également commencé leur parcours par des victoires. Ces résultats donnent une première indication sur la physionomie de ces éliminatoires : la qualification ne devrait pas être uniquement une affaire de prestige. 

La deuxième journée, premier véritable test 

La deuxième journée doit permettre de mesurer la capacité des favoris à confirmer leur entrée en matière. Le Maroc se déplacera au Lesotho, l’Algérie ira affronter le Burundi, tandis que le Sénégal se rendra en Éthiopie. La Côte d’Ivoire se déplacera en Somalie et l’Égypte ira défier le Soudan du Sud. Dans le même temps, le Bénin recevra la Mauritanie. Cette deuxième étape pourrait donc déjà provoquer les premiers écarts significatifs au classement. Pour les équipes ayant commencé par une victoire, l’objectif sera naturellement de conserver leur dynamique. Pour celles qui ont concédé un nul ou une défaite, la nécessité de réagir sera déjà réelle, même si la compétition est encore longue. Les éliminatoires sont organisées sur six journées. Après les deux premières journées de septembre-octobre, la compétition reprendra en novembre 2026 avant les deux dernières journées, prévues en mars 2027.

Une CAN 2027 aux enjeux particuliers 

Cette campagne qualificative ne prépare pas simplement une nouvelle édition de la CAN. Elle prépare également le retour de la compétition majeure du football africain en Afrique de l’Est, plus de cinq décennies après la dernière édition organisée dans cette région. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda vont accueillir conjointement la compétition, une configuration inédite à l’échelle de la CAN. Le tournoi se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027.  Pour les grandes nations, l’enjeu est donc double : décrocher leur qualification et arriver en Afrique de l’Est avec une équipe suffisamment compétitive pour jouer les premiers rôles. 

Une première journée riche d’enseignements 

Après cette première journée, un constat s’impose : les hiérarchies demeurent, mais elles ne sont plus figées. Le Maroc, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Cameroun figurent parmi les poids lourds ayant commencé leur campagne par une victoire, tandis que l’Égypte et le Sénégal ont été freinés d’entrée. Il serait toutefois prématuré de tirer des conclusions définitives. Une campagne de qualification se construit sur six journées et plusieurs fenêtres internationales. Les états de forme, les blessures, les changements d’entraîneurs, les déplacements et la capacité à gérer la pression pèseront progressivement dans la balance. La véritable bataille ne fait donc que commencer. 

Les premières journées ont simplement posé les premiers jalons d’une course qui promet d’être longue et disputée. Pour les grandes nations, il faudra confirmer le statut de prétendant. Pour les outsiders, l’occasion est idéale pour démontrer que le football africain ne se résume plus à quelques puissances historiques. De Rabat à Cotonou, d’Alger au Caire, de Dakar à Abidjan, la route vers l’Afrique de l’Est est désormais ouverte. Et au terme de cette campagne, les vingt-quatre sélectionnées devront avoir démontré une qualité essentielle : la constance.

 

Par Koffi DIDI HOUNNOU

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