À l’ONU, Trump annonce la chute de Cuba et provoque le départ de la délégation cubaine
New York — 22 septembre 2026. La tribune de l’Assemblée générale des Nations unies a une nouvelle fois été le théâtre d’une confrontation diplomatique spectaculaire. Dans un discours de 37 minutes consacré à sa vision de l’ordre international et à la puissance américaine, le président des États-Unis, Donald Trump, a porté un message particulièrement dur à l’égard de Cuba, allant jusqu’à prédire la chute prochaine du régime communiste.
« C’est un État absolument en échec… et il va tomber », a déclaré le président américain à propos de Cuba. Donald Trump a également affirmé que son administration cherchait un « changement fondamental » dans la situation de l’île, soumise selon lui à une pression sans précédent.
La déclaration ne s’est pas limitée à une critique du gouvernement cubain. Elle s’inscrit dans une politique américaine assumant ouvertement la volonté d'obtenir une transformation profonde de la situation politique à La Havane. Trump a résumé sa position par une formule particulièrement symbolique : « Le communisme ne viendra jamais en Amérique, mais la liberté viendra à Cuba. »
La réaction cubaine n’a pas tardé. Alors que Donald Trump poursuivait son intervention, des membres de la délégation cubaine se sont levés et ont quitté la salle de l’Assemblée générale. Le geste, effectué publiquement, a transformé une déclaration politique en véritable scène de confrontation diplomatique.
La délégation était conduite par le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla. La réponse de La Havane ne s’est d’ailleurs pas limitée à ce départ de la salle. Le chef de la diplomatie cubaine a rejeté les accusations américaines et défendu le caractère souverain de Cuba, tandis que le président Miguel Díaz-Canel a également dénoncé la politique américaine à l’égard de l’île.
Le contraste est saisissant : dans l'enceinte même d'une organisation fondée sur le dialogue entre États, le représentant d’une grande puissance annonce publiquement qu’un régime « va tomber », tandis que les représentants du pays concerné quittent la salle.
Cette confrontation n’est pas née à New York. Elle constitue le dernier épisode d’une relation profondément conflictuelle entre Washington et La Havane, marquée depuis la révolution cubaine de 1959 par plusieurs décennies de tensions politiques, économiques et diplomatiques.
Les États-Unis maintiennent depuis plus de soixante ans un embargo commercial contre Cuba. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a renforcé la pression exercée sur le gouvernement cubain et fait de la question cubaine un élément assumé de sa politique envers l’Amérique latine.
À l’ONU, le président américain a ainsi présenté la pression exercée sur La Havane comme un instrument destiné à provoquer un changement. Il a également indiqué que son secrétaire d’État, Marco Rubio, était impliqué dans des discussions avec Cuba.
Cette précision est importante : le discours de Trump ne s’est pas réduit à une déclaration de confrontation. Il a également fait référence à des négociations, laissant apparaître une combinaison entre pression politique, mesures coercitives et démarche diplomatique.
Pour La Havane, l’enjeu dépasse naturellement la seule personne de Donald Trump. La question fondamentale est celle de la souveraineté d’un État face à la volonté affichée d’une puissance voisine de provoquer un changement politique.
Cuba rejette depuis des décennies toute politique visant à imposer de l’extérieur une transformation de son système politique. Le gouvernement cubain considère notamment les sanctions américaines et l’embargo comme une forme de pression économique destinée à affaiblir le régime.
Washington présente, à l’inverse, sa politique comme un moyen de faire pression sur les autorités cubaines et de favoriser ce que Donald Trump décrit comme l’arrivée de la « liberté » sur l’île.
Deux récits politiques radicalement différents se font donc face : celui d’un pouvoir américain qui affirme vouloir accélérer le changement à Cuba, et celui d’un gouvernement cubain qui revendique son indépendance et refuse toute intervention extérieure.
L’épisode cubain doit également être replacé dans le contexte plus large du discours prononcé par Donald Trump devant l’ONU.
Le président américain a adopté une ligne particulièrement offensive sur plusieurs dossiers internationaux. Il a notamment menacé l’Iran d’une escalade militaire majeure en l’absence d’accord, défendu les opérations américaines au Venezuela et affirmé que Washington entendait maintenir une position de puissance dans l’hémisphère occidental.
Cuba apparaît donc comme l’un des éléments d’une vision plus large de la politique étrangère américaine : Washington entend affirmer davantage sa puissance, réduire les marges de manœuvre de ses adversaires et imposer un rapport de force qu’il estime favorable à ses intérêts.
Cette posture tranche avec une tradition diplomatique davantage fondée sur la prudence et la recherche de compromis. Elle donne également à la tribune de l’ONU une dimension particulière : celle d’un espace où les rapports de force géopolitiques sont désormais exposés avec une franchise rarement voilée.
Le départ de la délégation cubaine restera probablement comme l’une des images les plus marquantes de cette 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies.
Il symbolise à lui seul la profondeur du fossé entre Washington et La Havane. D’un côté, Donald Trump affirme que le régime communiste cubain est arrivé au terme de son parcours et annonce que « la liberté » arrivera à Cuba. De l’autre, La Havane refuse ce scénario et réaffirme son droit à décider seule de son avenir.
Au-delà de la force des mots, une question demeure : jusqu’où la stratégie de pression américaine peut-elle aller et quelles seront ses conséquences pour le peuple cubain, pour les relations entre Washington et La Havane et, plus largement, pour l’équilibre politique de la Caraïbe ?
La réponse ne se trouve pas encore dans les déclarations de tribune. Elle dépendra des prochains actes : de l’évolution des sanctions, des négociations évoquées par Washington, de la réaction de La Havane et de la capacité des deux pays à éviter que la confrontation verbale ne se transforme en crise diplomatique plus profonde.
À New York, Donald Trump a choisi de parler de chute et de liberté. Cuba, elle, a répondu par un départ silencieux de la salle. Une image forte d’un affrontement qui, plus de six décennies après la révolution cubaine, demeure loin d’être clos.
La Rédaction
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