Égypte – Bénin : entre hiérarchie historique et réalité du terrain
Le huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre l’Égypte et le Bénin met aux prises deux sélections aux trajectoires contrastées. Si les Pharaons abordent cette rencontre avec le poids de leur histoire et de leur expérience, les Guépards, eux, avancent avec une ambition mesurée, fondée sur la rigueur collective et la discipline tactique. Au-delà des statuts, ce duel mérite une lecture attentive des faits observés depuis le début de la compétition.
Un Bénin appliqué mais limité offensivement
Le parcours du Bénin en phase de groupes reflète une équipe consciente de ses forces et de ses limites. Qualifiés sans éclat, les Guépards ont avant tout misé sur l’organisation défensive et l’engagement collectif pour rester compétitifs.
Sur le plan tactique, le Bénin évolue dans un bloc compact, resserrant les lignes et réduisant les espaces dans l’axe. Cette discipline lui a permis de contenir des adversaires plus armés techniquement. La solidarité défensive et la capacité à accepter de longues séquences sans le ballon constituent les principaux atouts de cette sélection.
En revanche, les limites sont nettes sur le plan offensif. Le Bénin peine à se projeter avec constance, manque de créativité dans les trente derniers mètres et se montre peu efficace dans la conservation du ballon. Les occasions franches sont rares, et l’équipe dépend souvent d’actions isolées ou de phases arrêtées pour se montrer dangereuse.
L’Égypte, une maîtrise sans éclat mais efficace
De son côté, l’Égypte a abordé cette CAN avec une approche fidèle à sa tradition : pragmatique, patiente et tournée vers l’efficacité. Sans impressionner par le volume de jeu, les Pharaons ont assuré l’essentiel en phase de groupes, terminant en tête grâce à une gestion maîtrisée de leurs rencontres.
L’équipe égyptienne se distingue par sa solidité défensive et son expérience des grands rendez-vous. Elle sait contrôler le tempo, temporiser dans les moments faibles et accélérer lorsque l’opportunité se présente. Les individualités, capables de faire basculer un match sur un détail, restent un facteur déterminant.
Cependant, l’Égypte n’est pas exempte de critiques. Son jeu peut parfois manquer de rythme et de variété, notamment face à des blocs bas et bien organisés. Lorsque le but tarde à venir, la sélection égyptienne peut se montrer prévisible dans l’animation offensive.
Les clés d’un match fermé
Ce huitième de finale devrait se jouer sur des détails. Le Bénin cherchera avant tout à rester en place, à fermer les espaces et à prolonger le match le plus longtemps possible. Toute ouverture du score de l’Égypte obligerait les Guépards à se découvrir, un scénario qui ne leur est pas favorable.
Pour l’Égypte, l’enjeu sera de faire preuve de patience, d’éviter la précipitation et de convertir rapidement ses temps forts. La gestion des coups de pied arrêtés et des transitions défensives pourrait également peser lourd dans l’issue de la rencontre.
Un rapport de forces clair, mais un match à jouer
Sur le papier, l’Égypte dispose d’un avantage certain, tant par la qualité de son effectif que par son vécu en phase à élimination directe. Le Bénin, lui, devra livrer un match quasi parfait, sans erreurs majeures, pour espérer créer la surprise.
Dans un tournoi où les rencontres à élimination directe laissent peu de place à l’improvisation, ce duel s’annonce fermé, engagé et tactique. La hiérarchie existe, mais comme souvent à la CAN, elle ne garantit pas à elle seule l’issue finale.
La Rédaction
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