Mali : Kidal repasse sous contrôle de l’armée malienne après le retrait du FLA
Cinq mois après avoir perdu la ville au profit du Front de libération de l’Azawad, les Forces armées maliennes, appuyées par l’Africa Corps russe, ont fait leur retour à Kidal ce mardi 6 octobre 2026. Le FLA évoque un « repli stratégique et maîtrisé ».
KIDAL — Nouveau tournant dans le conflit qui oppose Bamako aux groupes armés du nord du Mali. Les Forces armées maliennes (FAMa), accompagnées de leurs partenaires russes de l’Africa Corps, ont repris le contrôle de Kidal, bastion historique de la rébellion touareg, ce mardi 6 octobre.
L’entrée des forces gouvernementales dans la ville intervient après le retrait des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Plusieurs sources concordantes indiquent que les forces maliennes ont pénétré dans Kidal sans affrontement direct majeur.
Une offensive préparée depuis plusieurs jours
La reconquête de Kidal a été précédée par une importante montée en puissance militaire dans la région. Depuis le week-end, les forces maliennes et leurs partenaires russes avaient renforcé leurs positions à Anéfis, située à une centaine de kilomètres de Kidal.
Mardi matin, un important convoi militaire a quitté Anéfis en direction de Kidal. Selon plusieurs sources, il regroupait des militaires maliens, des éléments de l’Africa Corps ainsi que des combattants du MSA et du Gatia, deux groupes touaregs alliés à Bamako.
Parallèlement, l’armée malienne avait lancé des opérations aériennes et terrestres dans la région. L’état-major malien a évoqué des « opérations aéroterrestres d’envergure », destinées notamment à combattre les groupes armés et à rétablir la sécurité et la libre circulation des populations.
Le FLA annonce un « repli stratégique »
Face à cette offensive, le FLA a annoncé son retrait de Kidal.
Dans un communiqué, le mouvement indépendantiste touareg parle d’un « repli stratégique et maîtrisé », présenté comme une mesure temporaire destinée à préserver ses capacités humaines et logistiques.
Le mouvement assure que son retrait s’est effectué sans affrontement direct avec les forces maliennes et leurs alliés russes. Il refuse ainsi de présenter son départ comme une défaite militaire.
Cette version est importante dans la lecture de la situation : Bamako récupère la ville, mais le FLA affirme conserver ses capacités et entend poursuivre son combat dans le nord du pays.
Une revanche pour Bamako
La reprise de Kidal constitue un succès symbolique majeur pour les autorités maliennes.
La ville était tombée aux mains du FLA le 25 avril 2026, dans le cadre d’une offensive menée avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette offensive avait infligé un sérieux revers aux forces maliennes et à leurs partenaires russes.
La situation s’est donc inversée en un peu plus de cinq mois.
Pour le pouvoir du général Assimi Goïta, le retour à Kidal représente une victoire politique autant que militaire. La ville demeure en effet un symbole particulièrement fort de la lutte entre Bamako et les mouvements indépendantistes touaregs.
Le rôle déterminant de l’Africa Corps
Cette nouvelle opération confirme également l’importance croissante du partenariat militaire entre Bamako et Moscou.
Les forces russes de l’Africa Corps, qui ont succédé au dispositif Wagner au Mali, ont participé aux opérations aux côtés des FAMa. Cette coopération avait déjà permis à l’armée malienne de reprendre Kidal en novembre 2023, avant que la ville ne retombe aux mains du FLA en avril 2026.
La reprise actuelle marque donc une nouvelle étape dans la stratégie militaire de Bamako : reprendre progressivement les principaux bastions du nord et tenter de consolider le contrôle territorial de l’État.
Kidal reprise, mais la guerre continue
Si la reprise de Kidal constitue une victoire importante, elle ne signifie pas pour autant la fin du conflit dans le nord du Mali.
Le FLA conserve des positions dans la région et affirme vouloir poursuivre ses opérations. De son côté, Bamako pourrait chercher à prolonger son offensive vers d’autres zones stratégiques, notamment en direction de Tin Zaouatine, à proximité de la frontière algérienne.
La question essentielle est désormais celle du contrôle durable de Kidal. Car reprendre la ville est une chose ; y maintenir une présence militaire et administrative stable en est une autre.
Pour Bamako, le défi est donc désormais de transformer cette victoire militaire et symbolique en contrôle territorial durable, dans une région où les groupes armés restent actifs.
Une nouvelle bataille s’achève à Kidal. Mais, dans le nord du Mali, la guerre est loin d’être terminée.
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