Présidentielle 2026 : le Réseau HOUNKPÈ Paul dénonce une « confusion dangereuse » entre État et campagne
Abomey-Calavi, 24 février 2026 – Le Réseau HOUNKPÈ Paul 2026 (R-HP26) est monté au créneau ce 24 février pour exprimer sa « profonde préoccupation » après la publication de l’architecture officielle de campagne du candidat de la mouvance présidentielle.
Dans une déclaration rendue publique à Abomey-Calavi, le mouvement estime que la configuration dévoilée soulève de « graves interrogations » sur l’intégrité institutionnelle et l’équité du scrutin présidentiel à venir.
Une implication institutionnelle jugée problématique
Selon le Réseau, le document de campagne mentionnerait l’implication directe de plusieurs hautes personnalités de l’État, notamment :
- le Président de la République en exercice ;
- le Président de l’Assemblée nationale ;
- le Ministre d’État coordinateur de l’action gouvernementale ;
- un membre de la Commission électorale nationale autonome (CENA) ;
- le Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, par ailleurs candidat à l’élection présidentielle.
Pour le R-HP26, une telle configuration brouille la frontière entre fonctions institutionnelles et engagement partisan.
« L’État appartient à tous »
Dans sa déclaration, le réseau rappelle que la démocratie repose sur une distinction claire entre l’État, « qui appartient à tous », et les appareils politiques, porteurs d’ambitions électorales.
« Lorsque les plus hautes autorités exécutives et législatives s’inscrivent formellement dans une structure de campagne, cette distinction essentielle s’efface dangereusement », souligne le texte.
Le mouvement estime que la mobilisation de figures institutionnelles au sein d’une architecture de campagne crée un « déséquilibre objectif » dans la compétition politique et fragilise le principe de neutralité qui doit prévaloir en période électorale.
La question sensible de la CENA
L’un des points les plus sensibles soulevés par le Réseau concerne la Commission électorale nationale autonome (CENA), organe clé de l’organisation du scrutin.
Le R-HP26 juge « incompatible » avec l’exigence d’impartialité la participation d’un membre de cette institution à une structure de campagne présidentielle.
« Même en l’absence de preuve d’ingérence, l’apparence de partialité suffit à fragiliser la confiance publique », avertit le mouvement, insistant sur le fait que « sans confiance, il n’y a pas d’élection légitime ».
Un conflit d’intérêts dénoncé
Autre point soulevé : la situation du Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, présenté comme candidat à l’élection présidentielle.
Selon le Réseau HOUNKPÈ Paul 2026, le fait que le principal interlocuteur financier des institutions impliquées dans l’organisation du scrutin soit lui-même candidat constituerait un « conflit d’intérêts manifeste ».
Dans « toute démocratie exigeante », soutient le mouvement, une telle configuration appellerait des « mesures conservatoires immédiates » afin de préserver l’équité du processus électoral.
Les exigences formulées
Face à ce qu’il considère comme des risques majeurs pour la crédibilité du scrutin, le R-HP26 formule plusieurs demandes :
- la clarification publique des incompatibilités juridiques éventuelles ;
- la mise en retrait immédiate de toute autorité institutionnelle impliquée dans la gestion du processus électoral ;
- la garantie d’une stricte séparation entre ressources publiques et activités de campagne ;
- l’instauration d’un mécanisme pluraliste de surveillance électorale.
Le mouvement affirme ne pas rechercher la confrontation, mais « exiger la République ».
« Le Bénin ne peut se permettre une élection dont l’équité serait contestée avant même le scrutin. La stabilité d’une Nation repose sur la confiance. La confiance repose sur l’impartialité. Et l’impartialité exige des actes », conclut la déclaration signée par son coordinateur national, Fred HOUENOU.
À mesure que l’échéance présidentielle de 2026 se rapproche, cette sortie du Réseau HOUNKPÈ Paul 2026 illustre la montée des tensions et des débats autour de la transparence et de l’équité du processus électoral.
La Rédaction
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