Guinée Conakry : un groupe armé neutralisé à la veille de l’élection présidentielle à Conakry
Conakry, 28 décembre 2025 — Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 décembre, à la veille du scrutin présidentiel guinéen, les services de sécurité ont mené une opération ciblée dans la banlieue de Conakry, aboutissant à la neutralisation d’un groupe armé soupçonné de menacer la sécurité nationale, ont annoncé les autorités dans un communiqué officiel rendu public samedi soir.
Une opération menée à l’aube, sur la base de renseignements « fiables »
Aux alentours de 04 h 00 du matin, les forces de sécurité intérieure — regroupant des unités spécialisées de la police, de la gendarmerie et des forces armées — ont lancé un assaut dans une concession située dans le quartier d’Africof, dans la commune de Sonfonia, en haute banlieue de Conakry. L’intervention faisait suite à des renseignements qualifiés de « fiables » indiquant la présence d’un groupe d’individus armés aux intentions subversives, susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’État.
Selon le Poste de Commandement Opérationnel de Sécurité Intérieure (PCO-SI), dirigé par le Général de Corps d’Armée Balla Samoura, la manœuvre s’est déroulée sans « menace imminente » pour la population, mais dans un contexte où la sécurité du pays est particulièrement sensible à la veille du scrutin.
Échanges de tirs et neutralisation du groupe
Des échanges de tirs nourris ont éclaté entre les forces de sécurité et les individus présents dans la concession. Le communiqué officiel rapporte que le groupe a été « neutralisé complètement », une expression souvent utilisée pour signifier qu’il a été désorganisé et maîtrisé, et que plusieurs personnes ont été interpellées au cours de l’opération.
La communication gouvernementale ne précise pas le nombre exact des personnes arrêtées, ni leur identité ou leur affiliation, laissant planer une certaine opacité sur la nature exacte de ce groupe armé et ses liens potentiels avec des réseaux criminels, politiques ou insurrectionnels.
Contexte politico-électoral tendu
Cette intervention intervient à un moment particulièrement délicat pour la Guinée. Le pays organise le 28 décembre 2025 sa première élection présidentielle depuis le coup d’État de septembre 2021, qui avait renversé l’ancien président Alpha Condé et conduit à une transition dirigée par le général Mamadi Doumbouya.
La présidentielle se déroule sous haute surveillance sécuritaire, avec un dispositif déployé à l’échelle nationale pour assurer le bon déroulement du scrutin. Les autorités ont multiplié les messages de rassurance à la population, appelant au calme et à la reprise normale des activités, tout en soulignant qu’aucune menace immédiate ne pèse désormais sur les citoyens après l’opération.
Une enquête judiciaire ouverte
Dans le même communiqué, les autorités ont annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire visant à déterminer l’ensemble des ramifications de l’affaire, à établir les responsabilités et à préciser les projets supposés du groupe neutralisé. L’enquête devrait également permettre d’éclairer les motivations réelles des individus impliqués, et d’identifier les éventuels commanditaires ou réseaux associés.
Réactions locales et inquiétudes
Sur le terrain, l’opération a créé une forte tension chez les habitants de Sonfonia et des quartiers proches, certains témoins évoquant des dégâts matériels dans plusieurs habitations touchées par les tirs nocturnes. La communauté locale, encore marquée par les épisodes d’instabilité politique et sociale de ces dernières années, se montre partagée entre la peur d’une insécurité persistante et la rassurance apportée par les autorités.
Cette opération de neutralisation d’un groupe armé en banlieue de Conakry, menée à la veille d’un scrutin crucial pour l’avenir politique de la Guinée, met en lumière les défis sécuritaires persistants dans un pays en pleine transition électorale. Si les autorités assurent qu’aucune menace immédiate ne subsiste, l’opacité entourant l’identité et les intentions du groupe armé souligne les zones d’ombre qui subsistent autour de cet événement et des enjeux de sécurité dans la région.
Oladélé
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