Guinée-Bissau : Sonko dénonce une “combine” — entre coup d’État et vol de victoire

Dakar, 28 novembre 2025 — Lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement condamné le coup d’État intervenu en Guinée-Bissau. Selon lui, ce renversement du pouvoir — qui a mis fin au processus électoral avant l’annonce des résultats — constitue une « combine », un « coup monté » visant à retirer aux urnes le verdict des citoyens.

Novembre 28, 2025 - 18:38
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Guinée-Bissau : Sonko dénonce une “combine” — entre coup d’État et vol de victoire
Ousmane SONKO Premier Ministre du Sénégal

« Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau, nous savons tous que c’est une combine. Et ce n’est pas normal. (…) Le processus électoral doit être mené à bout, la commission doit proclamer le vainqueur, les personnes arrêtées doivent être libérées. » 

Contexte : un coup d’État avant l’annonce des résultats

Le 26 novembre 2025, l’armée bissau-guinéenne a annoncé avoir pris le « contrôle total » du pays, suspendant le processus électoral qui venait de se tenir.  Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló — en lice pour sa propre succession — a été arrêté avant même que la commission électorale ne proclame les résultats.  Dans la foulée, l’armée a nommé un chef de transition, rompant avec l’ordre constitutionnel. 

Ce renversement s’ajoute à l’histoire longue et houleuse de la Guinée-Bissau, pays régulièrement secoué par l’instabilité politique et des interventions militaires. 

Vol de victoire — un scénario familier pour les opposants africains

Pour de nombreux observateurs, la position ferme de Sonko résonne bien au-delà des frontières bissau-guinéennes. Elle rappelle la situation fréquente des opposants africains — ou de candidats considérés comme “outsiders” — qui, après avoir gagné le soutien populaire, voient leurs victoires annulées, détournées, ou jetées aux oubliettes par des coups d’État, des fraudes ou des manipulations institutionnelles.

Dans le cas de la Guinée-Bissau, la “combine” dénoncée signifie non seulement un putsch militaire, mais surtout un vol des voix exprimées, un déni de la volonté populaire. L’exigence de Sonko — reprise du processus électoral, proclamation d’un vainqueur légitime, libération des détenus politiques — pose un jalon : la démocratie ne se limite pas au vote, elle exige le respect du verdict des urnes.

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Par sa déclaration, Sonko ne se contente pas d’un simple commentaire. Il envoie un message politique lourd de sens : les coups d’État qui interrompent les processus démocratiques ne peuvent être tolérés — et ce, même quand ils visent, disent les putschistes, à “sauver la démocratie” d’un prétendu “péril” (narcotrafic, instabilité, etc.). 

Cette prise de position intervient alors que la CEDEAO a suspendu la Guinée-Bissau de ses instances et appelé à un retour à l’ordre constitutionnel. 

Oladélé

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